Passe sanitaire : vers une société de surveillance - Par Arnaud Benedetti

Jouer avec les libertés publiques et dénier la réalité d’un mouvement de mécontentement sont deux marqueurs propres à des gouvernants dont la conscience libérale s’effiloche, affirme notre chroniqueur Arnaud Benedetti.


Le mouvement contre le passe sanitaire s’épaissit. C’est un fait. Il s’épaissit doublement : dans la rue et dans les sondages où l’opinion semble marquer, comme l’atteste une récente étude de l’institut Louis Harris, une attention bienveillante pour la mobilisation qui, au cœur de l’été, faut-il le souligner, démontre une certaine dynamique. L’exécutif avec le dispositif d’exception qu’il entend mettre en place au nom de l’impératif sanitaire a touché à un nerf sensible d’une société démocratique. La stratégie du dédain qu’il oppose à la contestation ne peut à terme qu’envenimer la situation. La communication de nombre de responsables de l’exécutif, du Président au Premier ministre en passant par Madame Bachelot ou Monsieur Attal, n’a eu jusqu’à maintenant pour objectif que de dénoncer, caricaturer, « amalgamer » les opposants à une loi dont le caractère de très grande exception exige nécessairement qu’on l’interroge, sauf à considérer les principes libéraux de nos régimes comme une option.