Les Jeux olympiques de Paris 2024 ne doivent pas avoir lieu ! - Par Frédéric Mas et Marc Perelman
Frédéric Mas: les Jeux Olympiques bouquet final d’une France en crise
Emmanuel Macron et Anne Hidalgo espèrent se refaire une santé politique avec les JO, mais tous les indicateurs sont au rouge.
.Les Jeux Olympiques devaient être une fête, une sorte de Coupe du monde 1998 bis destinée à faire briller la France et ses élites politiques à l’international. En quelques années de crises politique, sanitaire et économique, le projet pharaonique pour Paris s’est transformé en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Macron.
Anne Hidalgo se consacre aux Jeux Olympiques avec application après sa déconvenue spectaculaire à l’élection présidentielle. Bien que réélue à la mairie de Paris en juin 2020, elle n’a rassemblé sur son nom que 1,7 % des électeurs français et 2,2 % des électeurs parisiens pendant la campagne présidentielle.
Paris 2024 : les Jeux Olympiques bouquet final d’une France en crise - Contrepoints
Marc Perelman: «Les quatre raisons d'arrêter la course folle aux Jeux olympiques de Paris 2024»
Pour l'universitaire, la sécurité, le coût stratosphérique de l'organisation, le chamboulement urbain de la capitale et la mise en avant des «fausses valeurs de l'olympisme» sont autant d'arguments qui doivent nous conduire à annuler l'organisation des Jeux à Paris en 2024.
Marc Perelman est architecte et professeur des universités en esthétique à Paris Nanterre. Il a publié 2024, les Jeux olympiques n'ont pas eu lieu, Les Éditions du détour, 2021.
Parmi les nombreuses raisons d'arrêter la course à l'abîme insensée des Jeux olympiques de Paris 2024, il y en a au moins quatre qui me semblent décisives: leur sécurité que les organisateurs ignorent, leur coût qui s'annonce beaucoup plus élevé que prévu, la mise en avant des fausses valeurs de l'olympisme qui trompe sur la réalité du sport et enfin l'accélération du chamboulement urbain qui achève la métamorphose de la ville.
Plusieurs articles récemment parus dans la presse, à des occasions diverses et selon des points de vue différents, laissent sourdre une inquiétude certaine. Sur des thématiques certes différentes, Alain Bauer, Alain Finkielkraut et Didier Rykner pointent le danger que constituent les JO qui pourraient avoir lieu dans deux ans. La Préfecture de police de Paris, elle-même, avait commenté de manière très négative l'idée de quitter le stade en vue du défilé des 10.000 athlètes, appelé officiellement depuis les JO d'Amsterdam de 1928 la parade des nations». Embarquées sur des barges flottantes, les délégations dériveraient ainsi tout au long de la Seine, sur 13 kms de long, sous le regard, nous dit-on, de pas moins de 600.000 spectateurs installés dans des tribunes…
Pour le président du COJO, Tony Estanguet, qui veut du spectacle, c'est-à-dire du «lourd» jusqu'au lourdingue, il faut «marquer l'histoire». L'événement des JO doit imprégner les consciences d'un sceau indélébile. Pour nombre de politiques, les JO se substitueraient ainsi à l'histoire réelle avec ses guerres, ses invasions, ses victoires, ses défaites, ses luttes, etc, pour rêver l'histoire fantasmée de l'olympisme faite de victoires et de défaites sportives, de prouesses et de tant de records… L'Humanité en marche.
Marc Perelman: «Les quatre raisons d'arrêter la course folle aux Jeux olympiques de Paris 2024» (lefigaro.fr)
2024
Les Jeux olympiques n’ont pas eu lieu
Marc PerelmanLa France devrait accueillir les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. Ce sera un été de fête. Et pour qu’il soit réussi, des milliers de travaux seront engagés, des fonds énormes seront dépensés. Paris deviendra un parc olympique écoresponsable et les Français seront « tous citoyens du sport ». Même la Covid-19 sera endiguée pour l’occasion.
Pourtant nous ne voulons pas de ces Jeux. Pas seulement parce que cette débauche de moyens nous inquiète, pas seulement à cause de ses effets collatéraux de corruption, de dopage, de pollution, pas seulement à cause du risque pandémique, mais aussi parce que nous refusons la société olympisée qu’ils nous construisent.
Marc Perelman décortique les documents liant le Comité international olympique à ses partenaires, ainsi que la Charte olympique, et les met à l’épreuve de l’organisation de « Paris 2024 ». Et non, l’olympisme n’est pas écologique, il ne fait pas œuvre sociale, n’éduque pas, n’agit pas pour la santé publique, ne respecte pas les territoires qu’il occupe. Il n’a pour horizon que la « croissance » : plus de records, plus de spectateurs, plus d’argent.
Nous ne sommes pas obligés de lui dérouler le tapis rouge.

.jpg)