Nicolas Baverez: «Dette ou souveraineté, il faut choisir!»
La priorité donnée par le gouvernement au soutien du pouvoir d’achat financé par la dette publique comporte des risques très élevés.
La guerre en Ukraine marque un changement de paradigme géopolitique, avec le retour de la guerre de haute intensité en Europe, mais aussi économique, avec la menace de la stagflation redoublée par une crise énergétique et alimentaire. La France se trouve frappée de plein fouet, au sein d’une zone euro fragilisée. La croissance dépassera à peine 2%, alors qu’elle était attendue à 4%. L’inflation s’établit à 5,8% et tend
à accélérer en se diffusant à tous les secteurs et tous les acteurs de l’économie.
Le gouvernement fonde toute sa stratégie sur le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Il entend mobiliser 25 milliards d’euros supplémentaires pour protéger les Français contre
la hausse des prix. Et ce grâce à un vaste catalogue de mesures: prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité ; plafonnement de l’augmentation des loyers à 3,5% d’ici à fin 2023 ; pérennisation de la remise de 18 centimes par litre sur le carburant à la pompe ; mesure fiscale en faveur des gros rouleurs ; chèque de 100 euros pour 9 millions de foyers aux revenus modestes ; dégel du point d’indice des fonctionnaires ; triplement de la prime Macron ; revalorisation des retraites et des minima sociaux ; suppression de la redevance audiovisuelle. Au total, l’État dépensera plus de 50 milliards en 2022 afin de limiter le coût de l’inflation importée pour les ménages.
.jpg)