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Eh non, quoi qu’en pensent les magistrats, la Justice ne se rend pas dans un monde idéal

Atlantico m’a interrogé sur la crise que traverse la Justice et la défiance dont elle est l’objet désormais dans l’opinion publique.


Atlantico: Au vu des événements récents (affaire Halimi, affaire Mila, condamnations par vagues de Gilets Jaunes etc.), la justice française est-elle en crise ? Pourquoi est-elle à ce point défiée ?

Régis De Castelnau : Aux problèmes que vous évoquez, j’ajouterai la complaisance de cette justice vis-à-vis du pouvoir en place dans le traitement des affaires pénales qui pourraient concerner l’entourage d’Emmanuel Macron. Celui-ci bénéficie d’une mansuétude tout à fait repérable et qui exaspère une bonne partie de l’opinion publique. Autre observation, le paradoxe de l’affaire Halimi est que nous étions en présence d’une décision normale mais qui n’a pas été comprise. En effet, Kobili Traoré, l’assassin de la malheureuse Sarah Halimi tuée dans des circonstances épouvantables et pour des raisons évidemment antisémites a été déclaré irresponsable car son discernement était aboli (c’est-à-dire qu’il était en état de démence) au moment où il a accompli son forfait. C’était l’avis de six experts psychiatres assermentés auxquels la chambre d’instruction de la Cour de Paris s’est rangée. Il aurait fallu une communication de l’institution qui soit suffisamment pédagogique pour permettre d’apaiser l’émotion. Au lieu de cela, on a laissé se développer une polémique qui a complètement obscurci le véritable enjeu. La communication de Madame Belloubet à ce sujet fut calamiteuse, et l’intervention maladroite d’Emmanuel Macron lors de son voyage en Israël n’a rien arrangé. En alimentant d’une part dans l’opinion la conviction que l’on a protégé un islamiste antisémite, de l’autre côté en renforçant chez les magistrats le sentiment d’une mise en cause de leur indépendance.
Et pourtant cette justice aurait intérêt à faire un véritable examen de conscience et à réfléchir aux raisons pour lesquelles la confiance que lui fait d’opinion publique est à ce point anéantie. L’initiative d’un procureur (sur ordre pas ?) d’ouvrir une enquête préliminaire contre la jeune Mila est simplement aberrante. Sur le fond, cela alimente l’idée selon laquelle ce qui lui arrive et de sa faute et « qu’elle l’a bien cherché ».
Et bien sûr le rôle joué dans la répression de masse contre le mouvement social des gilets jaunes est un désastre démocratique. Le soutien apporté un pouvoir brutal, d’abord en prononçant un nombre énorme de condamnations dans des conditions entretenant souvent des rapports lointains avec la légalité, ensuite en fixant des peines de prison ferme en très grand nombre, et enfin en protégeant les violences policières, tout cela a durablement brisé le rapport de confiance qui doit exister entre le peuple et sa Justice.
Malheureusement pour l’instant les magistrats sont plutôt mobilisés pour crier au charron quand le président de la république relève l’émotion provoquée par l’affaire Halimi. L’attitude de leurs organisations syndicales est de ce point de vue caractéristique. Elles ne se réveillent que lorsque on effleure en parole leur indépendance mais sont systématiquement muettes sur les atteintes aux libertés et les dysfonctionnements dans notre pays.


Atlantico : Malgré l’indépendance de la justice – indéniable – les magistrats ont-ils des comptes à rendre aux français ? Si oui, de quelles façons ?
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