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Valeurs Actuelles

Police en crise : deux flics passent à table

Valeurs actuelles. Si c'était à refaire aujourd'hui, rejoindriez-vous la police ?
Frédéric Péchenard. Si j'avais 20 ans aujourd'hui, je choisirais à nouveau d'être commissaire de police. J'ai été policier pendant plus de trente ans ! C'est toute ma vie d'homme. J'ai parfois eu peur, j'ai même pleuré, mais tout cela n'est rien à côté de la passion que j'ai eue pour ce métier.
David Le Bars. À 14-15 ans, j'ai eu envie d'être flic. J'avais ça en moi. Il n'y avait pourtant aucun flic dans ma famille. En fait, cela paraît trivial, mais je voulais courir après les méchants. Après, on peut le formaliser intellectuellement : vouloir être juste, appartenir à une institution qui est là pour que chacun vive en sécurité. Mais, globalement, mon désir était d'arrêter des délinquants. C'est-à-dire, la culture du flic, telle qu'on l'inculque en école. Aujourd'hui, c'est le cœur de ma vocation, donc oui, je referais le même choix, sans hésiter.
Que dit de notre société la haine de la police ?
Frédéric Péchenard. Nous vivons une période difficile. Il y a un vrai recul de l'autorité de l'État. Il y a encore quelques années, c'était la police qui “tenait la rue”, aujourd'hui il y a de plus en plus d'endroits où ce sont les délinquants qui imposent leur loi. Pour reprendre le contrôle de certains quartiers, il est nécessaire d'appliquer la tolérance zéro, c'est-à-dire que toute peine, que ce soit une peine de prison, de travail d'intérêt général ou d'amende, doit être strictement appliquée. Ce n'est pas le cas actuellement. D'autre part, comme il manque en France 10 000 places de prison, certaines peines sont peu ou mal appliquées. Aujourd'hui, un délinquant qui est condamné à six mois de prison ferme ne va pas en prison. C'est la politique menée par la garde des Sceaux. Nous n'arrivons plus en France à avoir une sanction qui soit efficace.
David Le Bars. La population a toujours eu, à 2 % près, la même opinion de la police. On est autour de 70-74 % de soutien. C'est la minorité qui est de plus en plus visible et audible avec les réseaux sociaux et les chaînes d'information en continu. Pendant la crise des “gilets jaunes”, j'ai vu comment tous les médias ont traité ce mouvement… Lire la suite de l'entretien
La police va mal, malmenée pendant la crise des gilets jaunes, accablée par le manque de moyens, le surmenage et les suicides. L ex-directeur de la Police nationale, Frédéric Péchenard, fait le point sur sa passion pour ce métier et les mesures à prendre d urgence. Pourquoi devenir flic ? Vocation, fierté de servir son pays, d être au c ur de l action ? Sens du devoir, engagement, capacité à supporter le stress et la violence... Tous ces ressorts de la profession, Frédéric Péchenard les connaît bien. En trente ans, il a occupé les plus hauts postes, de la Brigade des stups à la Crim en passant par l Antigang ou la BRB. L ex-DGPN puise ici dans son expérience pour donner ses conseils à la jeune génération. Dans ce passage de témoin inédit, il les aide à se préparer aux réalités du métier et à tous ses nouveaux défis. Inquiet pour une corporation critiquée sur le terrain autant que sur les réseaux sociaux, cette personnalité incontournable livre également son avis sur l évolution et la modernisation nécessaire de la Police. Une prise directe avec les enjeux majeurs des flics de demain. 
Ce livre n'est pas un énième livre sur la police. Page après page, la stupéfaction nous saisit. Ce que nous pensions devenu ordinaire, « la haine du flic », se révèle bien plus grave. L'expression d'un malaise alarmant de notre société. Au-delà de cette rue qui gronde, qui attaque, des cités aux gilets jaunes en passant par le terrorisme, David Le Bars n'occulte aucune responsabilité. Que ce soit celle de la classe politique, qui a contribué à faire de nos forces de l'ordre des boucs émissaires. Pire, à les mettre en danger. Que ce soit celle de certaines organisations syndicales, qui ne sont pas étrangères à cette haine. Le temps est venu de dire la vérité. Nous avons le droit de savoir.

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