"Derrière la question du voile, c'est bel et bien l'égalité des droits et une certaine idée de la démocratie qui est directement attaquée." Par Céline Pina
Selon un sondage CSA/CNews, paru le 24 mars, 61 % des Français sont pour l'interdiction du port du voile dans l'espace public. Cette interdiction serait légitime, car le voile opère une rupture d'égalité entre les sexes, argumente l'essayiste.
Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle est la fondatrice de «Viv(r)e la République», elle a également publié Silence coupable (Kero, 2016) et Ces biens essentiels (Bouquins, 2021).
Selon un sondage CSA pour CNews, 61 % des Français se déclarent favorables à une loi interdisant le port du voile. Ainsi posée, la question a le mérite de la clarté et évite l'hypocrisie des circonvolutions sur l'interdiction des signes ostentatoires religieux. Elle remet le débat à sa juste place : le problème qui se pose avec le voile ne concerne pas l'interdiction de la manifestation d'une appartenance religieuse (le port du croissant autour du cou par exemple ne pose de problème à personne), mais l'interdiction d'un signe sexiste, insultant pour la femme et qui met en cause l'égalité des droits. En effet, le voile n'est pas un accessoire de mode ni un vêtement mais un signe, dont la signification est claire et le message univoque : il parle de l'impureté du corps de la femme et de la provocation que constitue la vue de sa chevelure. Une telle vision de la femme se traduit par un refus de lui accorder l'égalité des droits au nom de son infériorité «naturelle» par rapport à l'homme. D'ailleurs dans tous les pays où le voile est imposé, la femme est une éternelle mineure qui passe de la coupe du père ou du frère à celle du mari et a à peine plus de droit qu'un animal. Le réel est cruel mais a le mérite de la limpidité.
Céline Pina: «Pourquoi 61 % des Français sont pour l'interdiction du port du voile dans l'espace public» (lefigaro.fr)
