Restaurer la valeur du mérite dans les politiques éducatives - Par Lyvann Vaté (Institut Thomas More)

L’histoire du mérite depuis la Révolution française illustre parfaitement l’évolution des mentalités et des partis pris idéologiques sur la longue durée. De 1789 jusqu’au années 1960, la promotion par le mérite fut un marqueur déterminant du modèle républicain.

Mais à partir des années 1960, le mérite se fait des ennemis de plus en plus nombreux. En particulier Pierre Bourdieu, qui envisage le système scolaire comme le lieu de la reproduction sociale des élites et qui se livre à une critique sociologique de la valeur de mérite présentée comme le paravent de la continuation des héritages. Aujourd’hui encore, la gauche et l’extrême gauche restent prisonnières de cette lecture : le mérite est suspect, en particulier dans le système scolaire, car il singularise les meilleurs.

Dans sa nouvelle note rédigée par le jeune chercheur Lyvann Vaté, l’Institut Thomas More plaide au contraire pour la restauration du mérite, au sens premier du terme : c'està-dire la juste récompense des efforts de chacun, la mise en place des conditions d'épanouissement des talents singuliers au bénéfice du plus grand nombre, l'attribution des statuts sociaux et professionnels selon le niveau de compétences et non selon les relations familiales.

Revaloriser la notion de mérite à l'école aurait alors plusieurs effets bénéfiques : un apprentissage plus exigeant dans l'enceinte scolaire à même de compenser les héritages familiaux différenciés, une lutte accrue contre l'autocensure des élèves venant de milieux sociaux moins favorisés, une égalité des chances mieux réalisée, une répartition plus juste des lauréats aux concours les plus sélectifs, … Il y a urgence à redonner corps et sens à cette belle valeur dans les politiques publiques et à dessiner les nouveaux contours d’une politique du mérite à l’école.