Pour le retour du monde libre - Par Ferghane Azihari

L’Occident doit prendre conscience de sa supériorité sur les dictatures, d’un point de vue économique et politique, et ce, grâce au libéralisme.


Il est des brigands que la guerre excite et des civilisations qu'elle lasse. Notre Europe appartient à la deuxième catégorie. C'est durant les guerres de religion que Pierre Bayle plaida pour la tolérance, tandis que l'impérialisme de Louis XIV motiva l'abbé de Saint-Pierre à proposer, avant Kant, une confédération de peuples unis par le commerce et le droit. Il fallut bien des cataclysmes pour que l'Europe épouse cette vision idyllique des relations internationales. La proclamation de son triomphe définitif fut permise par une lecture tronquée de la fin de l'histoire de Fukuyama. Le viol de l'Ukraine au motif que « le berceau de la Russie » contemplait l'Ouest a enterré ce pacifisme auquel les Européens ont adhéré par naïveté.

Tous les Européens ? Non. L'Europe centrale aurait dû être écoutée, elle qui avait subi le joug soviétique et se méfiait du régime qui lui a succédé. Dès la dislocation de l'URSS, des personnalités comme l'historien polonais Bronisław Geremek décelaient chez les Russes un revanchisme qui deviendrait ostentatoire à mesure que leur pays se redresserait. C'est pourquoi l'Europe centrale supplia l'Occident de lui ouvrir ses portes. Zemmour et Védrine, qui reprennent le discours du Kremlin, dissimulent ce fait lorsqu'ils dénoncent « l'expansion » du bloc occidental, comme si ce dernier était une prison. C'est là confondre l'Occident avec l'URSS, dont l'effondrement fut qualifié de « pire catastrophe du XXe siècle » par Poutine.