Transgenres : «En cessant de prendre en compte les spécificités des femmes, on brade le sport féminin» Par Claude Habib

Aux États-Unis, la victoire d'une nageuse trans aux championnats universitaires de natation suscite la polémique. L'essayiste Claude Habib examine cette délicate question, inquiète de voir les instances sportives céder face aux revendications de militants.


Professeur émérite de littérature à l'université de Sorbonne nouvelle et spécialiste du XVIIIe siècle, Claude Habib est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont Galanterie française (Gallimard, 2006). Dernier livre paru: La question trans (Gallimard, 2021).

Ce mois-ci, aux États-Unis, une étudiante à l'Université de Pennsylvanie, Lia Thomas, a remporté la compétition de 500 yards nage libre, lors du championnat universitaire de l'Ivy league. Sa victoire est nette : une seconde et demie la sépare de la deuxième. Cette victoire n'est pourtant pas indiscutable, car jusqu'à l'an dernier, cette nageuse transgenre évoluait dans la catégorie masculine. Ses détracteurs insistent sur un point : sa transition a eu lieu après sa puberté. Or la puberté apporte au corps humain des changements irréversibles, en l'occurrence un avantage compétitif en termes de taille, de densité osseuse et de masse musculaire.

Du point de vue de la science, ces avantages physiologiques demeurent, même si le niveau de testostérone peut être abaissé par la prise d'hormones antagonistes, conformément aux recommandations qui étaient celles du Comité Olympique, jusqu'aux jeux de Tokyo. En revanche, du point de vue des soutiens à la cause trans, est une femme celle qui se sent et se déclare comme telle. Toutes les athlètes trans devraient avoir le droit de concourir dans la catégorie de leur choix, toute restriction est une discrimination.