Le nucléaire tactique : la dynamique d’une nouvelle course aux armements - Par Philippe Wodka-Gallien
Le désarmement nucléaire est un objectif fixé par le traité de non-prolifération. Depuis, les regards ont tendance à se fixer sur les seules armes stratégiques, selon une grammaire écrite par les Américains et les Russes. Mais qu’en est-il des autres catégories, les armes nucléaires tactiques ? Passant de la discrétion à la médiatisation, cette catégorie d’armements alimente une nouvelle course aux armements.
Si l’on sait identifier les sous-marins lanceurs d’engins et les missiles nucléaires en silos, il n’en est pas de même des armes « tactiques ». Visant les cibles militaires, elles sont mobiles, dissimulées dans les systèmes d’armes classiques, et très précises. En s’attaquant aux armes stratégiques, les États-Unis et la Russie avaient négocié ensemble de stabiliser leur dialogue nucléaire. Tel est l’esprit des traités successifs Salt, Start et New Start depuis un demi-siècle. Tout change avec la sortie en 2017 du traité INF signé en 1987 par Moscou et Washington. Étape clé de sortie de la guerre froide, ce traité avait proscrit en Europe les missiles à portée intermédiaire, soit 1 500 km. L’abandon de ce traité vient de stimuler une nouvelle dynamique d’armement alors même que se développent les rivalités dans le cyber et le spatial.