«La France doit décider la hausse de ses crédits de défense dès maintenant!» - Par François Cornut-Gentille et Arnaud Danjean

La France doit se préparer à faire face à une guerre de haute intensité, argumentent le député de la Haute-Marne François Cornut-Gentille et le député européen Arnaud Danjean.


La guerre en Ukraine, moment décisif pour notre continent qui va définir les relations internationales pour les années voire les décennies à venir, exige de notre pays et des Européens des actes forts. Les mesures annoncées, de façon finalement consensuelle après quelques atermoiements anachroniques, sont bienvenues (en particulier l’ajournement de Nord Stream 2 et l’exclusion des banques russes de Swift). Des sanctions économiques au soutien, y compris par l’acheminement d’équipement militaire, à la légitime et admirable résistance ukrainienne, tout doit être fait pour relever le rapport de force imposé par l’agression russe. Il s’agit d’un premier impératif.


Mais il est un second impératif, tout aussi important: celui de la lucidité sur nos faiblesses ; car c’est bien la perception de ces dernières qui a constitué une forme de feu vert pour l’agresseur. Certes, l’exercice est désagréable, mais il est absolument indispensable si nous voulons, à l’avenir, nous garder de mauvaises surprises.

À LIRE AUSSI: Jean-Louis Thiériot: «Sommes-nous prêts pour une guerre de haute intensité?»

Tout d’abord, un fait méritera d’être élucidé. Alors que les pays anglo-saxons annonçaient l’imminence de l’intervention militaire russe, la France, elle, s’imaginait - avec le succès que l’on sait - en médiatrice. Nous devrons savoir si le président de la République s’est fourvoyé sur la seule base de ses intuitions personnelles, de renseignements mal calibrés ou mal interprétés.

De façon plus profonde, et plus déplaisante, la question de la pertinence de notre outil militaire doit être posée. L’Allemagne, qui part certes de beaucoup plus loin que nous, vient ce dimanche d’assumer un électrochoc puissant et se montre prête à une salutaire révolution copernicienne en matière de défense, avec l’annonce d’un déblocage rapide de plus de 100 milliards d’euros.