Gilles-William Goldnadel: «Pourquoi une Europe souveraine n'est ni possible ni souhaitable»
Au sommet de Versailles, les 27 pays européens ont défendu la souveraineté européenne et la nécessité de réarmer l'Europe. L'avocat défend quant à lui une Europe des États-nations puissants et souverains.
Notre souverain républicain, qui ne craint ni les contradictions ni la pensée magique, a profité du drame ukrainien pour remettre sur le métier le mythe de la souveraineté européenne . Mythe auquel il est particulièrement attaché depuis son discours dit de la Sorbonne de septembre 2017 pour une «Europe souveraine, unie et démocratique».
Il faut dire que la folle et terrible époque que nous traversons est tristement féconde en jactance, pavoisement, antinomie et irénisme.
Commençons par la jactance et le pavoisement. Que n'avait-on entendu il y a quinze jours, au lendemain de l'invasion d'un pays souverain européen par le dictateur post-soviétique.
L'Europe était enfin miraculeusement et définitivement unie ! Une Europe de la défense allait se mettre en place grâce à la métamorphose allemande. Une politique énergétique commune pourrait boycotter le gaz russe.
Certes, au lendemain de l'agression de la Russie poutinienne contre une nation européenne souveraine, l'Europe politique a pris, en liaison avec les États-Unis, des mesures économiques énergiques et salutaires et quelques projets militaires velléitaires.