Pascal Bruckner: «Les Européens prenaient la paix pour la norme, elle n’était qu’une exception»
Après le retrait américain, symbolisé par la débâcle de Kaboul, la violence du maître du Kremlin a poussé, contre toute attente, les nations européennes à réagir promptement et à assumer un rapport de force. L’intellectuel voit dans ce revirement des Européens un motif d’espoir.
L’auteur de l’essai Le Sanglot de l’homme blanc et de La tyrannie de la pénitence a longuement exploré la mauvaise conscience des Européens. Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l’ouest du Vieux Continent, porté à la repentance et à l’autoculpabilisation, est entré peu à peu dans «l’ère du post»: «La posthistoire, le postnational, le postreligieux», explique-t-il. Le philosophe voit dans l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’événement historique qui met brutalement un terme à ces illusions.