Le budget 2023 a été adopté dans un contexte économique et politique particulièrement troublé. Ce qu'on peut en retenir :
- Les prélèvements obligatoires augmenteraient de +45,7 milliards € en 2023 par rapport à 2022,
- Et la politique du chéquier ferait grossir les dépenses publiques de +49 milliards €,
- Le déficit public se creuserait de +5,7 milliards € supplémentaires,
- L’endettement public augmenterait de +124 milliards € atteignant les 3 072 milliards € (111,2 % du PIB).
Le budget 2023 vient d’être adopté dans un contexte économique et politique particulièrement troublé. L’ensemble des dispositions du projet de loi de finances (PLF) et projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ayant été adoptées par recours à l’article 49-3, il y a un fort risque de ne pas avoir de cadre budgétaire pluriannuel valide (loi de programmation des finances publiques) car le Gouvernement a annoncé qu’il n’utiliserait pas cette procédure en dehors des lois de finances afin de le réserver à la réforme des retraites présentée en janvier 2023.
Par ailleurs, la conjoncture économique s’assombrit : le FMI a dégradé la croissance française à 0,7 % pour 2023 contre 1 % pour le Gouvernement. L’Agence Standard & Poor’s a mis la note de la France sous surveillance négative et anticipe une croissance encore plus dégradée à 0,2 % et un déficit public de -5,4 % du PIB pour 2023, tout comme la Banque de France et le FMI, bien au-delà des -5 % affichés par l’exécutif. D’ailleurs, sur le dernier quinquennat, les dépenses publiques ont dérapé par rapport à leur niveau de budgétisation initiale de près de 43,7 milliards € par an, (21,8 milliards hors crise). Le risque serait d’avoir un solde public désormais continûment au-dessous des -5 % du PIB et un endettement public qui pourrait dépasser les 112 % dès 2024.
Finances publiques : l’année 2023 s’annonce périlleuse
Par Agnès Verdier-Molinié
Sans marge de manœuvre financière, la France avance dans le brouillard. Au risque de percuter un iceberg budgétaire.
Avec une croissance atone et des taux qui montent sur la dette, l’année 2023 est l’année de tous les dangers. L’Agence Standard & Poor’s a mis la note de la France sous surveillance négative et anticipe une croissance de seulement 0,2 %. Soit… beaucoup moins que ce qui est prévu dans le budget 2023 par le gouvernement qui a chiffré toutes ses prévisions budgétaires avec une croissance 2023 à… 1 %.
Loin de ces préoccupations, l’exécutif a fait voter au Parlement des dépenses en augmentation de 49 milliards d’euros par rapport à 2022. Résultat : le déficit public se creuse en 2023 de 5,7 milliards par rapport à 2022… et la dette publique augmente encore de 124 milliards pour atteindre 3072 milliards. Ces chiffres – déjà très mauvais - sont malheureusement meilleurs que ce qui va se passer réellement puisque le FMI et l’Agence S & P anticipent, tous les deux, un déficit public supérieur à 5 % du PIB en 2023 pour la France… et une dette qui dépasserait les 112 % dès 2024. Toute la trajectoire de désendettement serait alors anéantie.