Énergies renouvelables : la nouvelle dépendance minière - Par Philippe Charlez


Comme l’indique un rapport récent de la Banque mondiale, les énergies vertes sont beaucoup plus gourmandes en matériaux que notre bouquet énergétique actuel.


Nous dirigeons-nous vers un « passionnant » avenir énergétique principalement fait d’énergies renouvelables ? Le Soleil et le vent alimenteront-ils la croissance de demain ? C’est ce que souhaite toujours ouvertement l’écologie politique et ce malgré les signes de plus en plus tangibles de l’impasse de la croissance verte.

Les fossiles représentent aujourd’hui plus de 80 % du mix énergétique mondial soit à peine moins qu’il y a 40 ans. Le pétrole alimente près de 95 % des transports tandis que le gaz et le charbon représentent toujours les deux tiers de l’électricité mondiale. En deux décennies le monde a investi plus de cinq mille milliards de dollars dans les ENR. Et pourtant ils ne représentent aujourd’hui que 12 % de l’électricité mondiale et moins de 5 % de l’énergie primaire.

Pourtant l’utopie d’une société 100 % renouvelable reste ancrée dans l’imaginaire collectif comme LA solution, notamment en Europe où le catastrophique échec de l’Energiewende allemand ne semble faire peur à personne. Peu importent les intermittences hivernales que nous vivons depuis début décembre en déphasage complet (abondance de vent en cas de faible demande, pénurie en cas d’anticyclone polaire et de forte demande) avec la demande d’électricité, peu importent les facteurs de charge de 14 % du solaire et de 23 % de l’éolien terrestre, les technologies de stockage combleront hypothétiquement leur vide abyssal. De plus, les ENR devraient nous libérer de notre dépendance des méchants pays pétroliers/gaziers et nous conférer une nouvelle indépendance énergétique. Contrairement au pétrole, au gaz et à l’uranium, le vent et le Soleil n’appartiennent-ils pas à tout le monde ?