Jean-Thomas Lesueur : «La question démographique est centrale pour penser le système de retraites»
La première ministre, Élisabeth Borne, a présenté ce mardi 10 janvier à la presse le texte sur la réforme des retraites. Selon le directeur général de l’Institut Thomas More, le recul de l’âge de départ à la retraite ne permettra pas de sauver le système par répartition sans une hausse de la natalité.
LE FIGARO. - Le gouvernement a proposé de repousser l’âge de la retraite à 64 ans, au lieu de 62 ans actuellement. Cet ajustement paramétrique permettra-t-il de sauver le système par répartition?
Jean-Thomas LESUEUR. - Il faut rappeler que le système par répartition est fondé sur une solidarité intergénérationnelle qui se conjugue au présent immédiat. Les cotisations d’aujourd’hui servent à payer les retraites d’aujourd’hui. Pour se maintenir à l’équilibre et ne pas devenir écrasant pour les travailleurs, il a besoin d’un nombre important de cotisants. Les chiffres sont connus et répétés à l’envi à chaque nouvelle réforme: alors qu’on comptait plus de 4 cotisants pour 1 retraité en 1960, il y en a 1,7 aujourd’hui.
La question démographique est donc absolument centrale pour penser le système de retraites par répartition et envisager son avenir. Or l’oubli de la démographie, qu’on peut regarder comme la «discipline mère» de la politique (quel besoin de penser le devenir d’une collectivité humaine si elle ne se projette pas dans le futur?), est l’un de ces faits inaperçus, l’un de ces «impensés de la politique» dont parle Paul Valéry, l’un de ces appauvrissements intellectuels et culturels qui changent tout sans qu’on y prenne garde.
Jean-Thomas Lesueur: «La question démographique est centrale pour penser le système de retraites» (lefigaro.fr)
Avec leur réforme paramétrique, Emmanuel Macron et Elisabeth Borne se donnent l’illusion d’agir sur le fond mais n’achètent au vrai qu’un peu de répit.
La politique familiale avait certes été fragilisée ces dernières décennies, mais les coups les plus sévères ont été portés sous François Hollande et Emmanuel Macron.
