Caméras «augmentées» aux JO 2024: «Un pas de plus vers la société de surveillance» - Par Thierry Wolton

Aux JO de Paris en 2024, des caméras de surveillance pourvues d'une intelligence artificielle permettront de détecter les comportements suspects. L'importation des technologies chinoises en France pose des enjeux éthiques, alerte Thierry Wolton.


Les Jeux Olympiques de Paris vont être placés sous l'œil de caméras de surveillance « augmentée », pourvues d'une intelligence artificielle sous forme d'algorithmes capables de détecter les comportements suspects. La décision définitive de leur installation dépend du pouvoir législatif. Il s'agit d'assurer la sécurité des sites, des athlètes et des millions de touristes qui vont affluer dans la capitale. Une telle surveillance de masse suscite des interrogations, non pas sur son utilité, mais sur les risques qu'elle fait courir à nos libertés.

Ces caméras seront programmées, grâce à des algorithmes, pour signaler ce qui parait suspect : rassemblements, personnes isolées et immobiles en des lieux jugés sensibles, colis abandonnés, etc. Ce dispositif va faciliter le travail du personnel qui scrute les écrans de contrôle, les caméras filtrant en amont tout ce qui sort de l'ordinaire. L'argument rassurant est toujours le même : le citoyen/le touriste ordinaire, qui n'a rien à se reprocher, n'a pas à craindre pareil dispositif même s'il s'agit, au fond, de porter atteinte à son identité individuelle puisqu'il est filmé à son insu, puis enregistré dans une base de données.


Les caméras intelligentes qui seront mises en place dans la perspective des JO de 2024 resteront installées par la suite et pourront toujours servir à d'autres missions de surveillance de masse en fonction de la programmation de leurs algorithmes qui, eux, dépendent de ce qu'on leur demande de signaler.