Retraites : les arguments pour démonter les idées fausses - Par Sandrine Gorreri
Après la présentation de la réforme des retraites, les opposants ont mis en avant plusieurs arguments pour discréditer la réforme notamment le fait qu'à 62 ans, 25% des Français les plus pauvres seraient déjà morts, que les dépenses de retraites du pays seraient déjà stabilisées, que la moitié des seniors seraient au chômage à 62 ans ou qu'il suffirait de taxer les plus riches pour financer le régime.
Des arguments qui doivent cependant être considérés avec beaucoup de précaution.
25% des travailleurs les plus pauvres meurent-ils vraiment avant 62 ans ?Un thème a particulièrement été cité ces derniers jours : « un quart des travailleurs les plus pauvres meurent avant l’âge de 62 ans ». Il s'agit en fait d'une interprétation des résultats de travaux réalisés par l’Insee en 2018 qui dans une étude, intitulée "Tables de mortalité par sexe, âge et niveau de vie" indique que chez les hommes, "si vous faites partie des 5% des plus pauvres de votre classe d’âge toute votre vie, vous avez 25% de risques de mourir avant 62 ans". L’étude cherche à comprendre les facteurs de mortalité chez les Français en fonction de leur niveau de vie, de leur âge et de leur sexe. Mais les "5% les plus pauvres" font référence aux personnes vivant avec 466 euros par mois en moyenne... tout au long de leur vie. Le calcul étant théorique, il est difficile cependant de savoir combien de personnes vivent toute leur vie parmi les 5% les plus modestes.
Il existe bien des différences d’espérance de vie entre catégories socio professionnelles ce que l’Insee a également documenté dans plusieurs études :
Mais ces études montrent aussi qu’une femme ouvrière a une espérance de vie supérieure à celle d’un homme cadre ou encore qu’une femme appartenant au premier quartile de niveau de vie a une espérance de vie supérieure à un homme appartenant au dernier quartile. Il y a donc bien une inégalité sociale face à la mort... comme on l’entend souvent mais aussi une inégalité de genre qui renvoie à des modes de vie plus à risques ou à un suivi sanitaire plus poussé.


