Réfléchir à la guerre Russie-Ukraine - Par Maxime Tandonnet
Attention! Le sujet fait l’objet d’un tabou absolu, pire que tout autre. En parler est s’exposer à un invraisemblable vent de haine ou de mépris et aux insultes: poutiniste, défaitiste, collabo, etc. L’idée, ici, est juste d’essayer de réfléchir – avec le cerveau – sans prétendre détenir la vérité. Les lecteurs ulcérés par le texte ci-dessous sont cordialement invités à y répondre par des arguments plutôt que des cris d’indignation.
- Maxime Tandonnet.
Méchant Réac ! adhère complètement au texte de Maxime Tandonnet et partage les inquiétudes légitimes de celui-ci sur le sort de la guerre
- Laurent Sailly
Toutes les guerres finissent un jour. Et celle-là aussi finira. la question est comment?
Les pays occidentaux, l’OTAN tiennent pour l’instant une position paradoxale. Ils disent, on ne fait pas la guerre à la Russie, mais ils livrent des chars à l’Ukraine. A quel moment s’effectue la bascule dans une participation active à la guerre? Quand ils enverront aussi des soldats – avec les chars. Pour l’instant, ils l’excluent absolument. La perspective d’Américains ou Européens tués sur le champ de bataille en Ukraine et en Russie se présente, à ce stade, comme une limite infranchissable. Mais jusqu’où cette position est-elle tenable? Si l’envoi de chars ne suffit pas à mettre à genou la Russie (qui en a vu d’autres dans l’histoire), les occidentaux pourront-ils se cantonner dans le nous ne faisons pas la guerre à la Russie. En effet, il ne suffit pas d’envoyer des armes, même en quantité et en qualité – il faut aussi les qualifications pour les utiliser et suffisamment d’officiers et de soldats pour en faire un usage gagnant. Jusqu’où ce paradoxe – faire la guerre sans faire la guerre (ou la faire indirectement avec le seul sang ukrainien) est-il tenable?
Par ailleurs, le discours occidental sur la Russie de Poutine est d’une grande fermeté. Il est question de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, d’un Etat terroriste et de comparaisons fréquentes avec l’Allemagne hitlérienne de la Deuxième Guerre Mondiale. Mais dans ces conditions, pourquoi les Etats occidentaux maintiennent-ils des ambassades en Russie et conservent-ils des ambassades russes dans leurs capitales (Paris, Londres, Washington, etc.)? Double-langage. Soit on a affaire à un Etat absolument infréquentable, à une guerre totale, sans autre issue que l’écrasement, et la rupture doit être totale, soit on maintient des ambassades, mais cela signifie qu’on envisage une possible reprise du dialogue. Il faudrait là aussi accorder les faits aux paroles ou inversement.
