La violence du genre - De Drieu Godefridi
L’idéologie haineuse du genre n’est pas un féminisme ; elle n’a jamais été qu’une subversion du féminisme.
Dans cette deuxième édition d’un essai aussi provocateur que rigoureux, Godefridi soutient que la « violence de genre » ne s’entend pas de la violence des hommes contre les femmes (violence bien réelle, à l’instar de la plus fréquente violence des hommes contre les hommes, et parfois des femmes contre des hommes ou des enfants). La violence de genre, selon Godefridi, s’entend de la négation, par l’idéologie du « genre » (Judith Butler), de la spécificité biologique des femmes. Qu’il existe une réalité biologique « femme » est ce que ne peuvent souffrir les tenants du « genre », selon lesquels on est homme ou femme par décision. De cette négation des femmes dans leur réalité biologique, l’invasion du sport féminin par des personnes nées biologiquement hommes est un symptôme. « Cet essai m’a beaucoup appris sur le théorie de Butler, qui m’apparaît comme une façon non seulement provocatrice mais fausse de poser de vrais problèmes sociaux sur la condition féminine (et masculine). » Henri ATLAN « Remarquable mise au jour de la subversion du droit par l’idéologie. L’auteur montre comment, quand le droit procède de l’idéologie du genre, on commet un double crime contre le droit et contre l’esprit. » Henri LEPAGE. PhD Sorbonne, Godefridi est entrepreneur et essayiste. Il a notamment publié « L’écologisme, nouveau totalitarisme ? » (2019), traduit dans une dizaine de langues.Vers l’abolition de la femme ?
La récente controverse relative à la mention du sexe masculin/féminin sur les cartes d’identité, en Belgique après d’autres pays européens, paraît dérisoire.
En réalité, cette tentative avortée par le ministre fédéral David Clarinval (MR, centre-droit), constitue l’énième manifestation de la radicalisation de la gauche (socialiste) et de l’extrême gauche (écologiste) occidentales sur le thème de l’idéologie du genre.
Qu’est-ce que l’idéologie du genre ?
Selon l’idéologie du genre (Judith Butler), la réalité biologique du sexe ne compte pas.
Seule importe la décision de la personne concernée sur son genre : homme, femme, et mille variations « non binaires ». Cela vous paraît absurde ? Aujourd’hui, le droit belge permet de changer de sexe sans le moindre réquisit biologique — par simple déclaration de volonté, comme on change de domicile. De sexe, et non seulement de genre. L’idéologie du genre est d’abord une idéologie du sexe, plus exactement de négation du sexe dans sa réalité biologique.
En offre une illustration l’accès de personnes nées biologiquement hommes aux compétitions sportives pour femmes. Depuis 2015, nombre de fédérations sportives américaines ont autorisé des personnes nées biologiquement hommes à participer au sport féminin.
Certes, des limites sont consenties. De sorte qu’il ne suffit pas de se proclamer femme pour pulvériser des athlètes femmes en compétition de Mixed Martial Arts (MMA) ou de boxe. Toutefois, ces critères sont suffisamment souples pour permettre à des athlètes dotées d’un pénis — songeons au cas emblématique de l’Américaine Lis Thomas, en natation — de participer à des compétitions féminines. Encore ces critères, plutôt larges on le constate, sont-ils contestés parce que « restrictifs ».
Dans un article publié en 2017 par une revue médicale (sic), il fut ainsi allégué :
« Actuellement, il n’existe aucune recherche directe ou cohérente suggérant que les personnes transgenres de sexe féminin (ou masculin) ont un avantage athlétique à n’importe quel stade de leur transition (par exemple, hormones transsexuelles, chirurgie de confirmation du genre) et par conséquent les politiques de sport de compétition qui imposent des restrictions aux personnes transgenres doivent être examinées et potentiellement révisées. » (Bethany Alice Jones, Jon Arcelus, Walter Pierre Bouman et Emma Haycraft, « Sport and Transgender People: A Systematic Review of the Literature Relating to Sport Participation and Competitive Sport Policies », Sports Med. 2017; 47(4): 701–716)
Fait intéressant, aucune de ces publications pseudo-savantes n’aborde jamais clairement la question de savoir s’il existe un seul critère — anatomique, chromosomique, hormonal — qui limiterait d’une quelconque façon l’accès de personnes nées hommes aux compétitions féminines.
D’où il suit logiquement et de façon cohérente avec la doctrine du genre, que la décision souveraine de la personne concernée — « Je suis une femme ! » — lui ouvre l’accès aux compétitions féminines. Triomphe de l’idéologie du genre et négation de la réalité biologique des femmes.
Une femme par décision devient le strict équivalent d’une femme de naissance, non sous le signe de la similarité mais de l’identité. En réalité, du point de vue de l’idéologie du genre, le concept même de « femme de naissance » est dénué de sens. Il n’est de femme que par décision et toute femme ne l’est exclusivement que par décision.

