La liberté d’expression désormais malade d’algorithmie - Par Yannick Chatelain

Yannick Chatelain nous laisse juge de la liberté d’inexpression qui, sous couvert de lutter contre la cyberhaine confiée à des algorithmes hautement sensibles et totalement désincarnés.


Dans un article publié le 30 janvier 2020 : « On peut rire de tout… mais pas avec la loi Avia ! » titre clin d’œil à la phrase de l’inénarrable Pierre Desproges : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ! », j’évoquais la problématique de la censure algorithmique augmentée prévisible et inhérente à cette la loi. Je m’interrogeais sur la suite et « plaisantais » sur une prévisible censure augmentée des réseaux sociaux en faisant référence à la phrase culte de Coluche : « je ne suis pas raciste mon chien est noir ! » qui moque naturellement le racisme et qui n’a aucune chance de faire rire un algorithme aux éclats.

Néanmoins, au regard d’un curseur poussé vers le haut de la censure ou d’une personne travaillant pour une plateforme ne comprenant pas l’ironie ou détestant Coluche nous pouvons émettre l’hypothèse que sous la loi Avia visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet adoptée à l’Assemblée nationale le 22 janvier dernier, ce type de phrase n’aura plus lieu d’être publiée ! Pas moins de 12 organisations non gouvernementales avaient alors lancé un appel pour s’opposer à cette loi. Celle-ci partait d’une bonne intention, mais pour autant, l’enfer en est pavé. Mesurant la dangerosité d’une telle loi, du Conseil national du numérique à la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, en passant par la Quadrature du Net, tous étaient alors unanimes quant à sa dangerosité pour la liberté d’expression.

Ces organismes étaient-ils alors trop alarmistes ? Étais-je complotiste ? Est-ce que j’exagérais ? Comme l’époque est à voir du complotisme partout pour annihiler tout débat, que dire ?