Klaus Schwab et le reset de Davos - Par Michel Faure

Ceux qui considèrent le Forum économique mondial de Davos comme l’Olympe du capitalisme sont dans l’erreur. Ceux qui y voient le banquet annuel de la connivence entre les entrepreneurs et les politiques se trompent également. La grand-messe des « maîtres du monde », si toutefois ces derniers existent encore, a bien lieu à Davos chaque année. Ils se rencontrent et se parlent, mais s’entendent-ils ?


La question se pose alors que le président et fondateur du forum, l’Allemand Klaus Schwab, a son propre agenda, sévère à l’endroit du capitalisme. Il considère que celui-ci mérite d’être réformé en évoquant, il y a quelques années lors d’un séjour à Paris, la corruption, le court-termisme des dirigeants et le système de promotion au mérite dont le principal défaut, selon lui, est que ceux qui sont promus ignorent ensuite ceux qui ne l’ont pas été. Il est depuis longtemps en phase avec les ambitions de la gauche sociale-démocrate et écologiste sur l’égalité sociale et la lutte contre le changement climatique.

Il est tout à fait légitime de débattre de ces questions, mais il faut reconnaître qu’elles s’imposent aux entreprises, non pas comme un objectif désirable, mais comme une contrainte. Pour les politiques, il s’agit de ne pas rater la vague du « monde d’après » censée marquer la fin de la mondialisation libérale et ouvrir une nouvelle ère de la décroissance, de la frugalité et, bien sûr, de l’interventionnisme des États stratèges déjà actifs, pourtant, et sans grands succès, dans « le monde d’avant ».