Le temps des peurs - De Michel Maffesoli
Pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, cataclysme climatique… nos peurs peuvent-elles être instrumentalisées ? Des dangers inédits ne cessent d'être mis sur le devant de la scène pour manipuler les comportements individuels par une élite centrée sur les anciennes valeurs productivistes et individualistes, dénonce Michel Maffesoli dans son nouveau livre "Le temps des peurs" (éditions du Cerf).
Nos peurs peuvent-elles être instrumentalisées ? Oui, répond Michel Maffesoli qui montre comment une élite centrée sur les anciennes valeurs productivistes et individualistes " invente " sans discontinuer de nouveaux dangers, pour normaliser et contraindre les comportements individuels.
LIRE EGALEMENT : L'ère des soulèvements - De Michel Maffesoli (mechantreac.blogspot.com)
La peur est un sentiment intemporel, propre à une espèce humaine consciente de sa finitude. Dans le passé ces émotions ont été régulées par diverses croyances religieuses et par des rites collectifs. La modernité a développé une idéologie du progrès, laissant accroire que l'homme pouvait éradiquer le mal, vaincre la maladie, voire la mort.
La gestion de la " pseudo-pandémie " s'est inscrite dans cette idéologie scientiste, rationaliste et les diverses élites au pouvoir (politiques, hauts fonctionnaires, experts médiatiques et médiatisés) ont amplifié les dangers, pour justifier la restriction des relations sociales et ce qui constitue en général l'essence de l'Être-ensemble.
L'auteur analyse ici la stratégie utilisée par le pouvoir : déni de la mort et de la finitude, utilisation de la scène médiatique, stigmatisation de tout mise en cause de la doxa. Il s'attache à inscrire cette critique dans l'idéologie moderne qu'il estime dépassée par les changements de valeurs à l'œuvre dans la société de base.
Les divers mouvements de rébellion du peuple s'inscrivent en effet dans un refus de l'idéologie progressiste et réhabilite un ordre naturel que la modernité avait cru dépassé. Nous assistons un retour de la Tradition.
Michel Maffesoli obtient un succès qui dérange et, à sa manière, déboulonne quelques statues. Certains défenseursdu pré- carré des intellectuels autorisés n’apprécient pas : on l’accuse de tous les torts imaginables. Il ne serait pas sociologue ; il a défendu cette béquille des ignorants qu’incarnentl’horoscope et « le langage des astres », dont nous admettons tous l’idiotie. C’est un homme de raison, mais aussi un être de foi : catholique donc infréquentable ?
Chacun ici se fera une opinion, à tout le moins littéraire, car Michel Maffesoli plublie ces jours-ci deux essais. Le premier s’intitule « Logique de l’assentiment », le second : « Le temps des peurs » . Où Maffesoli publie-t-il ces deux ouvrages ? Aux Editions du Cerf (qui deviennent de plus en plus des Editions Odile Jacob -bis. Tant mieux, les éditions Odile Jacob étant une excellente maison).
LIRE EGALEMENT : L'ère des soulèvements - De Michel Maffesoli (mechantreac.blogspot.com)
La peur est un sentiment intemporel, propre à une espèce humaine consciente de sa finitude. Dans le passé ces émotions ont été régulées par diverses croyances religieuses et par des rites collectifs. La modernité a développé une idéologie du progrès, laissant accroire que l'homme pouvait éradiquer le mal, vaincre la maladie, voire la mort.
La gestion de la " pseudo-pandémie " s'est inscrite dans cette idéologie scientiste, rationaliste et les diverses élites au pouvoir (politiques, hauts fonctionnaires, experts médiatiques et médiatisés) ont amplifié les dangers, pour justifier la restriction des relations sociales et ce qui constitue en général l'essence de l'Être-ensemble.
L'auteur analyse ici la stratégie utilisée par le pouvoir : déni de la mort et de la finitude, utilisation de la scène médiatique, stigmatisation de tout mise en cause de la doxa. Il s'attache à inscrire cette critique dans l'idéologie moderne qu'il estime dépassée par les changements de valeurs à l'œuvre dans la société de base.
Les divers mouvements de rébellion du peuple s'inscrivent en effet dans un refus de l'idéologie progressiste et réhabilite un ordre naturel que la modernité avait cru dépassé. Nous assistons un retour de la Tradition.
Michel Maffesoli : « Lorsque l’élite s’est déconnectée du réel, le bon sens s’insurge »
Par Annick Geille
Le sociologue Michel Maffesoli est de ces intellectuels dont les paroles sont souvent prophétiques. L’une de ses idées- force est que nous vivons actuellement la fin d’une époque – la modernité- pour entrer dans une postmodernité chaotique, riche de devenirs quoique, pour le moment, peu compréhensible. Notre ressenti d’un inéluctabledéclin français doit donc être envisagé sous cet angle. Notre pessimisme ontologique semble lié aux énigmes civilisationnelles qu’installe cette mutation entre deux temporalités que Michel Maffesoli a scrutées pour nous en livrer la « substantifique moëlle ». « ll n'est nul besoin d'aimer le monde qui vient pour le voir venir », note Chateaubriand. Ce n’est pas non plus parce qu’on voit venir l’avenir qu’il faudrait toujours et partout s’en désoler. Il est des bonnes surprises concernant le destin d’une nation comme il en est du sort d’unindividu. Rien n’est écrit et rien n’est plus vivifiant que de comprendre ce que l’on vit, tel le marin respirant mieux d’apercevoir l’horizon .
Michel Maffesoli obtient un succès qui dérange et, à sa manière, déboulonne quelques statues. Certains défenseursdu pré- carré des intellectuels autorisés n’apprécient pas : on l’accuse de tous les torts imaginables. Il ne serait pas sociologue ; il a défendu cette béquille des ignorants qu’incarnentl’horoscope et « le langage des astres », dont nous admettons tous l’idiotie. C’est un homme de raison, mais aussi un être de foi : catholique donc infréquentable ?
Chacun ici se fera une opinion, à tout le moins littéraire, car Michel Maffesoli plublie ces jours-ci deux essais. Le premier s’intitule « Logique de l’assentiment », le second : « Le temps des peurs » . Où Maffesoli publie-t-il ces deux ouvrages ? Aux Editions du Cerf (qui deviennent de plus en plus des Editions Odile Jacob -bis. Tant mieux, les éditions Odile Jacob étant une excellente maison).
Michel Maffesoli, contre le wokisme
Par Hélène Strohl
Depuis une dizaine d’années, le sociologue Michel Maffesoli, tout en poursuivant une œuvre de philosophie sociale exigeante et parfois difficile, nous offre, dans l’intervalle pourrait-on dire de ses publications, des livres d’accès plus facile et souvent centrés sur l’actualité la plus récente.
C’est ainsi qu’il avait analysé la crise sanitaire comme crise de civilisation dans Le Temps des soulèvements (Cerf, 2021) et qu’il nous offre maintenant Le Temps des peurs.
Ce livre est une analyse des mécanismes du pouvoir utilisant les différentes crises (Covid, Ukraine, Pénuries etc.) selon ce qu’il nomme « la stratégie de la peur ». Revenant sur les constats faits dans L’Ère des soulèvements, il s’attache aux différentes facettes des « paniques » sinon créées, du moins outrancièrement amplifiées par les divers pouvoirs politique, médiatique, administratif voire universitaire.
Le terme même de stratégie de la peur n’est pas propre à cet auteur et a durant ces trois dernières années été largement utilisé par ceux que l’on nomme de manière erronée (voir ci-dessous) les « complotistes ». Mais l’intérêt de l’ouvrage de Maffesoli, c’est qu’il relit l’actualité dans une perspective d’anthropologie politique. Il tente de comprendre pourquoi le pouvoir en place a besoin de cette stratégie pour soumettre le peuple, notamment parce que les buts qu’il affiche ne sont plus en phase avec les aspirations populaires. En effet, la recherche purement individuelle d’un mieux – être matériel toujours plus consommatoire et la soumission à une logique purement économique, productiviste et matérialiste n’est pas ce qui caractérise les jeunes générations.
Michel Maffesoli : L’arme de la peur
Valeurs actuelles. Pandémie, guerre en Ukraine, crise énergétique, cataclysme climatique… ce sont dans les « moments de manque spirituel créé par l’abondance que s’exacerbe la stratégie de la peur » , observe Michel Maffesoli. Le sociologue et universitaire, membre de l’Institut universitaire de France, revient dans son nouvel essai sur la récente « tyrannie sanitaire » qu’il perçoit comme l’illustration d’une peur instrumentalisée par l’État-Léviathan pour obtenir obéissance et soumission des foules. Est mise en œuvre une vraie “société du spectacle” qui n’hésite pas, entre autres, à utiliser le “wokisme” pour parvenir à ses fins. Mais loin de céder au fatalisme, l’intellectuel décrit un esprit de résistance bien décidé à renouer avec la tradition. Un ouvrage original pour mieux comprendre l’avènement de ce que l’auteur voit comme la postmodernité.
Selon vous, la crise sanitaire a été utilisée par les pouvoirs publics pour faire régner la peur, pourquoi ?
Michel Maffesoli. Nous sommes dans une mutation de fond : la modernité est achevée et la postmodernité est en gestation. L’époque (le mot signifie “parenthèse” en grec) moderne est en train de s’achever, de se fermer. Le triptyque qui l’a constituée, le rationalisme, l’individualisme et le progressisme, est en train de se faire détrôner.
Depuis les années cinquante se dessine une période intermédiaire où l’on pressent ce qui est en train de s’achever et l’on balbutie sur ce qui est en train de naître. En résulte un désaccord entre les élites restant sur les valeurs modernes et le peuple, notamment les jeunes générations, la société officieuse, qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs officielles. Dans cette période un peu crépusculaire, les élites, qui pressentent que leurs valeurs ne suscitent plus l’adhésion, élaborent des tactiques de la peur pour se maintenir au pouvoir. La gestion du Covid en est un bon exemple.
On en a fait une “psychopandémie”, on en a nettement exagéré les conséquences.
Les sociétés équilibrées n’ont pas dénié la peur, elles l’ont ritualisée.
La théâtralisation pousse jusqu’au bout l’idée de peur afin de permettre au pouvoir de se maintenir.
La science a besoin du doute, de la remise en question des certitudes pour avancer.
Ceux qui usent de l’accusation de complotisme participent eux-mêmes d’un imaginaire complotiste.
Michel Maffesoli : L’arme de la peur
Valeurs Actuelles. Selon vous, la crise sanitaire a été utilisée par les pouvoirs publics pour faire régner la peur, pourquoi ?
Michel Maffesoli. Nous sommes dans une mutation de fond : la modernité est achevée et la postmodernité est en gestation. L’époque (le mot signifie “parenthèse” en grec) moderne est en train de s’achever, de se fermer. Le triptyque qui l’a constituée, le rationalisme, l’individualisme et le progressisme, est en train de se faire détrôner.
Depuis les années cinquante se dessine une période intermédiaire où l’on pressent ce qui est en train de s’achever et l’on balbutie sur ce qui est en train de naître. En résulte un désaccord entre les élites restant sur les valeurs modernes et le peuple, notamment les jeunes générations, la société officieuse, qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs officielles. Dans cette période un peu crépusculaire, les élites, qui pressentent que leurs valeurs ne suscitent plus l’adhésion, élaborent des tactiques de la peur pour se maintenir au pouvoir. La gestion du Covid en est un bon exemple.
On en a fait une “psychopandémie”, on en a nettement exagéré les conséquences.
