«Pourquoi rétablir les peines planchers ne serait pas suffisant» - Par Laurent Lemasson
Une quarantaine de députés LR ont déposé une proposition de loi visant à garantir des peines minimales de privation de liberté. Toutefois, cette mesure, de bon sens, ne sera efficace que si l'on remet en cause le dogme de l'individualisation des peines, estime Laurent Lemasson.
Le Garde des Sceaux s'oppose fermement aux peines planchers, qu'il juge «inefficaces», soutenu en cela par le gros de la majorité présidentielle et, très vraisemblablement, par la Nupes si la proposition devait arriver au stade de la discussion devant l'Assemblée.
Mais de quoi s'agit-il exactement et quel jugement peut-on porter sur cette question, véritable serpent de mer du débat public en matière pénale ?
Une peine plancher est une peine privative de liberté minimale que doit prononcer une juridiction de jugement à l'encontre d'une personne reconnue coupable d'un délit ou d'un crime. Actuellement, en effet, le Code pénal prévoit uniquement un quantum maximum pour chaque catégorie de crime ou de délit.
Or les magistrats sont en général très attachés au principe de l'individualisation des peines, et ils prennent les peines planchers comme une marque de défiance à leur égard.
En réalité, ce qui motive l'opposition aux peines planchers, c'est tout simplement l'opposition dogmatique à la répression du crime.
Les propositions de loi récentes sur les peines plancher ne s'attaquent à aucun de ces problèmes. Elles ne remettent même pas en cause l'individualisation des peines.
