Oui, la France a besoin des peines planchers - Par Philippe Bilger



On ne peut plus continuer à souffrir au quotidien de l'insécurité et refuser ce qui est de nature à la réduire judiciairement

Loi sur les peines planchers. On y revient, pas totalement, mais on s’en rapproche… Le bon sens fait le forcing et l’idéologie recule.


Un jour, on finira par comprendre que vaincre la délinquance répétitive est plus important pour notre société que de laisser les politiques s’enivrer de leurs convictions abstraites. Qu’il vaut mieux protéger les citoyens que ses propres préjugés. Ce fut une grave faute que d’avoir supprimé les peines planchers au mois d’octobre 2014. Depuis, elles sont calomniées ou présentées sous un jour absolument négatif sans que quiconque, politiquement, médiatiquement, y trouve à redire. Il faut rendre hommage à la députée Horizons Naïma Moutchou, qui avait eu l’intention de faire voter une proposition de loi par l’ensemble des groupes composant la majorité relative. Elle a été contrainte de la retirer à la suite de manœuvres politiciennes dont le principal ressort était de nuire à Edouard Philippe. Pourtant, elle n’avait pas poussé la cohérence jusqu’au bout, n’évoquant les peines planchers que pour les crimes ou délits commis contre les personnes dépositaires de l’autorité publique, personnels de santé, d’éducation et d’orientation. Le député LR Yannick Neuder a repris la balle au bond, approuvé par Olivier Marleix, Eric Ciotti, et soutenu par 40 députés de droite. L’objectif de cette nouvelle proposition de loi: défendre toutes les victimes occupant des missions d’intérêt général (professionnels de santé, policiers, gendarmes, agents des douanes, sapeurs-pompiers, enseignants)…