Inflation : l'Etat n'est pas la solution, l'Etat est le problème - Par Victoir Fouquet
Pour lutter contre l’inflation, alors que la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux d’intérêts, l’État français cherche de son côté a en limiter les conséquences sociales en s’occupant de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières. En réalité, le coût budgétaire des interventions de l’État ne font qu’aggraver la situation déjà terriblement inquiétante de nos finances publiques.
Quoiqu’elle ait ralenti à 5,9 % sur un an en décembre (contre 6,2 % en novembre), l’augmentation des prix demeure un sujet sensible. Elle n’est ni le résultat d’une forte croissance de la productivité économique ni celui d’une hausse de la demande globale, et elle rogne le pouvoir d’achat des épargnants comme des consommateurs. Dans ce dernier cas, les salariés sont amenés à réclamer une augmentation de leur rémunération, rehaussant conséquemment les coûts des entreprises, qui répercutent à leur tour cette hausse dans leurs prix de vente. Lutter contre cette spirale autoentretenue salaires-prix/prix-salaires commande de limiter l’augmentation du coût des facteurs de production.
Afin d’éviter la surchauffe inflationniste, la Banque centrale européenne (BCE) a déjà commencé à relever ses taux d’intérêt, ce qui n’est pas sans handicaper les entreprises qui, dès lors, voient le coût du capital augmenter. La BCE se heurte à un autre dilemme : si elle doit reprendre la main, la prudence doit toutefois rester de mise dans le resserrement de sa politique monétaire, sous peine d’aggraver la situation de l’emploi et, plus dangereusement encore, le niveau d’endettement des États de la zone euro, dont plusieurs de ses membres risqueraient de se retrouver exposés à des attaques spéculatives. Dans ce contexte singulier, qu’a fait l’État français ? Et que pourrait-il faire, cumulativement ou alternativement ?
