La liberté booste l’ascenseur social - Par Jean-Philippe Delsol

La mobilité sociale n’est pas si mauvaise en France et joue dans les deux sens. Selon les chiffres d’une étude de l’Insee produite le 2 juin 2022, parmi les enfants de parents défavorisés (tout en bas de la distribution des revenus des parents), un quart fait partie des 40 % aux revenus les plus élevés de leur génération tandis que, parmi les enfants des parents les plus aisés, un quart appartient aux 40 % des revenus les plus faibles. Ou encore, 72 % des enfants de 28 ans appartiennent à un cinquième de revenu différent de celui de leurs parents. Parmi les enfants dont les parents sont les plus modestes, dans le plus bas cinquième de la distribution des revenus, 31 % restent dans le premier cinquième (le « plancher collant ») et 12 % font une mobilité très ascendante vers le plus haut cinquième.


Il n’est pas pour autant certain que le taux français de mobilité ascendante soit, comme le dit l’Insee, supérieur à celui qui est observé aux États-Unis. Certes, il semble que le rêve d’ascension sociale auquel croient encore beaucoup d’Américains peine plus à se concrétiser aujourd’hui qu’hier. Néanmoins, une étude réalisée en 2018 par l’OCDE montre qu’il faut en moyenne six générations aux enfants de France nés dans le décile le plus pauvre pour se rapprocher du revenu moyen alors qu’il ne leur en faut que cinq aux Etats-Unis, et 4,5 en moyenne dans l’OCDE.