"Si les Russes nous avaient attaqués..." : des officiers alertent sur l'état de l'armée française
Général Vincent Desportes, ancien directeur du Collège interarmées de défense.
"La dissuasion nucléaire est le premier outil de notre puissance"
Général Patrick Destremau, ancien directeur de l'Institut des hautes études de la défense nationale.
"Dans les faits, nous ne sommes pas menacés dans notre existence, mais notre place dans le monde est menacée"
Colonel Michel Goya.
"En mer, les Russes sont régulièrement à moins de 2 000 mètres de nos navires ; leurs systèmes d'armes sont actifs, comme ils nous le font régulièrement savoir en illuminant nos bâtiments avec leurs radars de conduite de tir (...) depuis 1945, la marine n'a jamais été aussi petite qu'aujourd'hui"
Amiral Pierre Vandier, chef d'état-major de la marine.
"La guerre en Ukraine est révélatrice des capacités décisives que l'armée de Terre doit consolider ou acquérir (...). Parmi les capacités à renforcer, je citerai les capacités de défense sol-air, les drones, les feux dans la profondeur, les systèmes d'information et de communication, le renseignement ou les moyens de franchissement."
Général Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre.
"Tous les gouvernements, quelle que soit la couleur politique, ont tapé dans la caisse, tout en gardant un modèle complet. Donc on réduit les capacités militaires mais on les garde toutes"
Pierre Servent, spécialiste des questions de défense.
"La question de conduire nos opérations conventionnelles tout en assurant la posture de dissuasion prend un sens nouveau : quand faudra-t-il choisir entre la protection des intérêts vitaux de la nation, l'intégrité de son espace aérien et la poursuite du combat conventionnel ?"
Général Stéphane Mille, chef d'état-major de l'armée de l'air.
"L'important n'est pas d'être complet, mais d'être puissant, avec les bonnes technologies au bon moment (...) Nous avons pris vingt ans de retard sur les drones car cette technologie n'apparaissait pas assez impressionnante aux yeux des militaires et des industriels"
François Cornut-Gentille, ancien rapporteur spécial des crédits de défense à l'Assemblée nationale.
"Nous avons pris beaucoup de retard en construisant un modèle d'armée expéditionnaire, ayant vocation à aller sur des terrains permissifs"
Sénateur LR Cédric Perrin, auteur d'un rapport parlementaire sur l'équipement des forces.
"L'armée française est très performante notamment en raison de sa nature expéditionnaire. Elle est l'une des forces d'élite dans le monde"
"Dans le cadre de la nouvelle ère de compétition entre grandes puissances, la France doit augmenter ses investissements dans l'armée de terre pour maintenir les effectifs actuels et, aussi, améliorer sa capacité à déployer des troupes et du matériel sur de longues distances. Elle doit améliorer son ISR [Intelligence, surveillance, reconnaissance ; c'est-à-dire ses ressources en drones, avions radar et satellites pour collecter des données, NDLR] et ses capacités de tirs transhorizon [ses réserves en missiles longue portée, NDLR]"
Robert O'Brien, l'ex-conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche sous Donald Trump.
"Nous avons rogné toutes les marges de manoeuvre. Pendant trop longtemps, notre capacité a été dirigée par l'efficience avec comme plus petit dénominateur commun de dire : 'il faut maintenir la ligne de production au minimum'"
Vice-amiral d'escadre Nicolas Vaujour.
"La guerre en Ukraine réhabilite la masse (...). Les Russes utilisent du matériel qui a 40 à 50 ans, avec énormément de stocks et de munitions. Et ils tiennent"
Colonel Michel Goya.
"Dans un conflit de haute intensité, avec un taux d'attrition [les avions accidentés après un vol, NDLR] proche de celui des Malouines en 1982 (8%), l'armée de l'air n'aurait plus d'avions en dix jours et vraisemblablement plus de missiles au bout de deux jours"
Général Bruno Maigret, ancien commandant des forces aériennes stratégiques.
"Il faut mesurer à quel invraisemblable point de désarmement nous en sommes parvenus aujourd'hui : lorsque nous cédons des Rafale à un pays allié ou lorsque nous envoyons des canons Caesar en Ukraine, il faut deux ou trois ans pour pouvoir les remplacer"
Christian Cambon, président LR de la commission de la Défense au Sénat.
"Bien sûr, il faut réduire les délais. Mais pour cela, les entreprises ont besoin de financement"
Général Dominique Trinquand
