L'Occident contre le reste du monde - Par Renaud Girard

Les leaders de la jeunesse urbanisée des pays qu’on qualifiait naguère «du tiers-monde» sont de plus en plus nombreux à taxer d’hypocrite le catéchisme démocratique venu d’occident.

«Le reste contre l’Ouest»

Fréquents adeptes du «wishful thinking», les grands médias occidentaux ont souligné à l’envi que rien d’important - ni contrat de vente d’armes, ni déclaration de soutien à la guerre en Ukraine - n’avait été signé lors de la visite que le président chinois fit à son homologue russe à Moscou, du 21 au 23 mars 2023, et que c’était donc un flop pour Vladimir Poutine.

Mais les Occidentaux ne comprennent pas qu’en géopolitique le symbolique prime toujours sur le matériel. Xi Jinping n’est pas un homme qui pratique le tourisme diplomatique. Quand il se rend à Moscou et qu’il étreint un Poutine qui vient tout juste de se faire inculper pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), c’est qu’il veut faire passer un message puissant à ses rivaux occidentaux..

C’est un message de défi. De refus d’une quelconque primauté morale que détiendrait l’Occident par rapport au reste de l’humanité. «Vos principes démocratiques et votre justice internationale à géométrie variable, vous pouvez les garder!», semble vouloir dire aux Occidentaux le dirigeant chinois. Xi Jinping a peu apprécié les menaces à peine voilées exprimées par l’Amérique au cas où il renforcerait son alliance avec la Russie. «Je m’allie avec qui je veux, comme je veux et quand je veux», est la réponse de Pékin à Washington.