"Formations laïcité" : l’Education nationale entre la peur et le renoncement - Par Céline Pina et Laurence David
Alors que le meurtre d’une enseignante à Saint-Jean-de-Luz (22 février) vient de bouleverser une communauté éducative encore traumatisée par l’assassinat de Samuel Paty, ce drame a mis en évidence un problème de fond souvent sous-estimé : les différentes violences auxquelles sont confrontées les enseignants dans l’exercice de leur fonction.
Un sondage de l’Ifop pour la revue Ecran de veille témoigne des tensions religieuses ou identitaires au sein de l’Education nationale et des différentes atteintes à la laïcité. Les enseignants sont de plus en plus menacés dans l’enceinte de leur établissement. Selon l’IFOP, 21% des enseignants ont déjà été menacés ou agressés pour des motifs de nature identitaire ou religieuse. Ce chiffre monte à 39%, concernant les enseignants en zones d’éducation prioritaire! Mais, allez comprendre, 62% des enseignants de moins de 30 ans pensent que les élèves devraient pouvoir venir dans les tenues qui leur conviennent à l’école[1]...Tensions religieuses à l’école : l’Education nationale entre la peur et le renoncement
Par Céline Pina
Céline Pina : En général nous sommes très hypocrites sur ces questions car ces problèmes ne concernent pas toutes les religions. Les tensions à l’école comme au travail sont rarement lié à une autre religion que l’islam et les études sur la jeunesse le montre. Il y a une énorme différence de positionnement selon les croyants. Cette situation est liée au fait que le séparatisme islamiste n’est pas le fait d’une infime minorité. Cette idéologie est devenue dominante chez les jeunes musulmans et l’effet de groupe renforce sa force de frappe. Les enquêtes s’accumulent qui montrent l’imprégnation de l’islam et de l’islam politique chez ces jeunes. Depuis l’enquête d’Olivier Galland et d’Anne Muxel, qui signalait déjà à quel point le rapport à la religion des jeunes musulmans structurait leur rapport au monde, les choses ont empiré. En 2021, 65% des jeunes musulmans plaçaient l’islam au-dessus des lois de la République, les mêmes déclarant que l’islam est la seule vraie religion. Le différentiel avec les autres jeunes croyants est énorme.
Seconde raison, cette imprégnation religieuse, qui se confond avec une revendication identitaire, est politique. Si ces jeunes sont ainsi c’est qu’ils ont été travaillés par l’islam politique. Par exemple dans la stratégie d’accession au pouvoir des frères musulmans, la jeunesse est une des cibles principales. Pour la radicaliser, tout est bon : les islamistes partent de représentations culturelles différentes des nôtres, cultivent le ressentiment, résument l’histoire de l’occident à la colonisation. Ils font de tout musulman une victime, racontent une histoire d’oppression et d’humiliation afin de cultiver la haine et le rejet des valeurs occidentales. Le but du jeu est de rendre impossible toute assimilation ou intégration afin qu’une frange importante de la population conteste la civilité du pays dont ils ont pourtant la nationalité. Pour les islamistes, l’Europe est une terre à conquérir et ses lois et mœurs doivent être renversé. Dans un premier temps, ils réclament que sur le même territoire chacun puisse vivre selon ses lois, c’est le sens du séparatisme, jusqu’à ce que la charia puisse être imposée partout. C’est un rêve ou un fantasme actuellement, mais c’est un fantastique moteur identitaire et force est de constater que les jeunes musulmans y adhérent en nombre significatif.
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Laïcité à l’école: régression du domaine de la lutte
Par Laurence David
Le 16 octobre 2022 Pap Ndiaye déclarait sur Twitter : « Je n’ai pas la main qui tremble sur les questions de laïcité, dès mon arrivée, j’ai pris les dispositions nécessaires : renforcement des équipes Valeurs de la République, intensification de la formation des enseignants et consolidation de la protection fonctionnelle ». Il recueillait le score époustouflant de 393 « J’aime », signe d’une indifférence à ses propos jamais démentie à ce jour.
La tête de gondole diversitaire pour électeurs de gauche, dont l’une des premières visites Potemkine permit une superbe photo aux côtés de jeunes élèves voilées d’une école de Harlem, peine à convaincre sur ce sujet comme sur bien d’autres. Mais où en sommes-nous réellement ? L’Education nationale a-t-elle appris de ses erreurs ? Des mesures concrètes adaptées à l’aggravation de la situation ont-elles été prises ?
