Malika Sorel: «En vérité, le projet de loi immigration vise à régulariser les clandestins»

Alors que le texte arrive le 28 mars au Sénat, le directeur de l’Ofii, Didier Leschi, a assuré que l’échec à l’examen de français ne sera pas synonyme d’expulsion pour les ressortissants étrangers. L’essayiste et ancien membre du Haut Conseil à l’intégration y voit un recul du gouvernement et critique plus largement un projet de loi qui accorde, selon elle, «une prime à l’illégalité» puisqu’il prévoit de créer un titre de séjour pour les étrangers en situation irrégulière.


LE FIGARO. - Les ressortissants étrangers qui échoueront à l’examen de français que le gouvernement veut imposer dans le cadre de son projet de loi sur l’immigration ne seront pas expulsés, a assuré ce 13 mars le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), Didier Leschi. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Malika SOREL. -
Le gouvernement a reculé. Dans le texte transmis au Conseil d’État, il était question de subordonner l’octroi du titre de séjour à la réussite de l’examen de langue. Le niveau requis est très bas puisqu’il s’agit seulement de «comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes qui visent à satisfaire des besoins concrets».

Être issu d’une aire culturelle qui ne partage pas les fondamentaux des Occidentaux et se révéler dans l’incapacité d’assimiler ces rudiments de langue n’est pas de bon augure pour l’intégration culturelle. Eu égard à la situation préoccupante de la France, dont l’État a parfaite connaissance, il est plus sage que le migrant forme alors plutôt le projet de s’installer sur d’autres terres dont il partage le référentiel culturel, et où il lui sera de ce fait plus aisé d’identifier les limites à ne pas transgresser. Dans toute société, les règles qui permettent de vivre ensemble sont pour la plupart tacites. Elles ne figurent pas dans les lois et sont transmises de génération en génération au sein des familles.