En finir avec l’écologie pour sauver la planète - Par Ferghane Azihari

L’humanité n’a pas attendu l’émergence de l’écologie politique pour se montrer sensible à son environnement, qui irait mieux sans ce courant de pensée.


« Quelle tristesse et quelle colère s'emparent de toute votre âme quand une grande idée que vous-même, saintement, vous vénérez depuis longtemps, est reprise par des incapables qui viennent l'exhiber à d'autres imbéciles comme eux, l'exhiber dans la rue, et que vous la retrouvez soudain dans un marché aux puces, méconnaissable, souillée, présentée sous un jour absurde, de biais, sans proportion, sans harmonie, hochet d'enfant stupide. »

L'humoriste Gaspard Proust s'est permis d'exhumer cette diatribe issue des Démons, de Dostoïevski, pour décrire ce que lui inspirent les écologistes lors d'un entretien sur France Inter face à Léa Salamé. Ce tacle a le mérite de soulever le grand malentendu dont l'écologie politique fait l'objet en Occident.

L'honnête homme se représente l'écologie comme le courant qui se préoccupe de la qualité de l'environnement. Cette définition a toutefois un défaut. Elle suggère que l'humanité a attendu le XXe siècle pour manifester cette sensibilité. Cette idée est tout aussi saugrenue que celle qui prétendrait que le sort des pauvres et des ouvriers n'intéressait personne avant l'émergence du socialisme et du communisme au XIXe siècle.