Brice Couturier – Pourquoi il faut relire Fukuyama
L’auteur de « La Fin de l’Histoire » est caricaturé et mal lu. Sa vision du libéralisme, affinée dans de nouveaux écrits, mérite toute notre attention.
On a été plutôt injuste envers Francis Fukuyama. Depuis quelques années, une marée d'essais déploratoires nous annonce le reflux de la démocratie et du libéralisme, la montée de « la démocratie illibérale », du populisme et des « hommes providentiels », de l'autoritarisme technologique à la chinoise. Et la plupart de ces ouvrages ne manquent pas d'ouvrir par une charge sarcastique visant l'auteur de La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme.
Comment Fukuyama a-t-il pu se tromper à ce point ? disent-ils. Comment a-t-il pu imaginer que tous les peuples du monde voudraient se convertir à la démocratie libérale, à l'économie de marché et à la mondialisation, sous prétexte que le communisme n'avait pas marché ? Fukuyama est ainsi devenu l'incarnation du fol optimisme occidental des années 1990 ; de sa prétention à convertir le reste du monde à son mode de vie et à sa manière particulière de se gouverner.
