Pierre-Marie Sève : «Une libéralisation de la légitime défense est indispensable»
Lundi 2 mai, des rassemblements policiers ont protesté contre la mise en examen pour «homicide volontaire», du policier ayant fait feu dans l'affaire du Pont-neuf. Le délégué général de l'Institut pour la Justice estime qu'il est nécessaire de réformer le système judicaire français.
LE FIGARO. - Des centaines de policiers ont manifesté, ce lundi, en France à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre la mise en examen pour « homicide volontaire » de leur collègue qui a tué deux hommes qui auraient forcé un contrôle la semaine dernière à Paris. Que vous inspirent ce fait divers et la réaction des forces de l'ordre ?
Pierre-Marie SÈVE. - Rappelons les faits: vers minuit, une voiture est garée en contre-sens à proximité du Pont-Neuf, en plein Paris. À l’intérieur, deux individus de 25 et 31 ans, très défavorablement connus des services de police, notamment pour des faits de stupéfiants. Une patrouille de police aperçoit la voiture et décide de la contrôler.
Alors que les policiers s'approchent de la voiture, celle-ci démarre en trombe et manque d'écraser un des fonctionnaires. C'est à ce moment que le seul policier de la patrouille qui était armé ouvre le feu sur la voiture avec un fusil d'assaut. Dix cartouches sont tirées et les deux occupants du véhicule sont morts.
À la suite de cet incident, le policier ayant fait feu, âgé de 24 ans, est placé en garde à vue. À l’issue de sa garde à vue, le juge d'instruction en charge de son dossier le met en examen pour homicide volontaire.
Ce fait divers réunit tous les éléments pour s'enflammer et pour enflammer la réaction des syndicats de police: l'autorité de la police piétinée par un nouveau refus d'obtempérer, un policier ayant fait usage de son arme en légitime défense, et une Justice toujours aussi procédurière.
