Réindustrialiser la France ? Laissons faire les entrepreneurs, pas les politiques ! - Par Nicolas Lecaussin

Ils veulent tous une France industrielle. Ils ne parlent que de souveraineté et de réindustrialisation. Aujourd’hui, ils sont tous gaullistes et se prennent pour les Sauveurs de l’économie. Ils, ce sont les politiques français, de gauche comme de droite. Et s’ils arrêtaient de « sauver », de vouloir réindustrialiser la France eux-mêmes alors qu’ils n’en ont pas les capacités, s’ils faisaient confiance aux entrepreneurs et aux libertés économiques ?


Le trou de mémoire des politiques français

Lorsque la pandémie du covid a commencé en France, au printemps 2020, l’Etat a décidé de s’occuper de la distribution de masques, de gels et de tests. L’échec a été total. La pénurie s’est prolongée alors que, pour les aliments et les produits de première nécessité, elle a très vite été comblée par le secteur privé et le marché qui, eux, ont réagi rapidement et correctement. Mais les politiques n’en ont tiré aucune leçon. Plus tard, autre échec et nouvelle preuve de l’impuissance interventionniste : la France n’a pas été capable de produire un vaccin. Et le constat se répète : « ils » n’ont toujours pas compris. L’Etat continue à déverser des milliards pour « soutenir » l’industrie. Il les brandit, il s’en glorifie et se vante même… d’avoir réussi. Selon les dernières données gouvernementales, en 2021, l’industrie tricolore aurait enchaîné les succès. Ce serait une « année record », avec un solde positif de 120 usines nouvelles (176 créations et 56 fermetures).

L’an dernier les relocalisations d’entreprises, c’est-à-dire les rapatriements de production dont les entreprises françaises se chargeaient elles-mêmes ou sous-traitaient à l’étranger, ont « fortement augmenté » passant de 30 en 2020, à 87 en 2021, soit une progression de 290%. Avec 32.155 emplois nets créés en 2021, la production industrielle fait presque aussi bien que le numérique (33.535 emplois nets créés). Dans l’industrie, le premier secteur créateur d’emplois l’an dernier a été celui du cuir et de la chaussure. Mais quelque 5.513 emplois nets ont aussi été créés par des grands groupes comme LVMH et les aides massives y sont aussi pour beaucoup. Faut-il se vanter quand un emploi créé ou sauvé coûte une fortune aux contribuables ? Il faut se rappeler le « sauvetage » de l’usine Ascoval où les subventions massives ont fait qu’un emploi sauvé a coûté 350.000 euros d’argent public, alors même d’ailleurs que ces emplois ne semblent pas encore définitivement sauvés !