Quelques mots sur la Croissance économique - Par Nathalie MP Meyer

À partir du moment où l’on admet qu’il existe des « limites à la croissance » comme l’a théorisé le rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972, ou lorsqu’on pense comme Jean-Marc Jancovici que « la planète n’acceptera pas d’avoir 10 milliards d’habitants », dans le droit fil des prédictions apocalyptiques sur l’impossibilité d’obtenir une production alimentaire en phase avec la croissance démographique formulées aux alentours de 1800 par l’économiste britannique Thomas Malthus, on en vient assez rapidement à vouloir imposer un mode de vie fondé sur la décroissance.


Une idée qui a fait son chemin dans des milieux extrêmement variés – de la droite localiste ou survivaliste portée par l’idée identitaire du retour à la terre ancestrale « qui ne ment pas » à la gauche anticapitaliste façon zadistes ou arracheurs de plants OGM expérimentaux à la José Bové, sans oublier le pape François qui prônait la décroissance pour les pays développés dans son encyclique Laudato Sí de juin 2015. Et qui a trouvé une sorte de respectabilité politique lors de la primaire écologiste pour la présidentielle française de 2022 puisque la décroissance était au menu des candidates Batho et Rousseau.

Qu’est-il donc reproché à la croissance économique ?

De promouvoir un mode de vie strictement consumériste fondé sur des énergies fossiles massivement polluantes qui débouche mathématiquement sur l’épuisement des ressources de la planète, sur la destruction de la nature et sur le réchauffement climatique, avec tous les drames humains (intensification cyclonique, sécheresse, montée des océans, maladies, déplacements de populations, pauvreté et inégalités) que cela implique.

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