Natalité : le suicide démographique de l'Asie - Par Laurent Chalard
Chine, Corée du Sud, Taïwan ... Les indices de fécondité les plus bas de la planète se trouvent aujourd'hui en Asie, ce qui peut à terme poser de nombreux problèmes économiques.
Atlantico : Qu’en est-il de la du taux de natalité et de l’indice de fécondité concernant tous les pays de l’Est de l’Asie ?
Laurent Chalard : Dans l’ensemble de la planète, les indices de fécondité les plus bas ne se retrouvent désormais plus en Europe Occidentale, comme auparavant, mais en Asie orientale. La Corée du Sud est particulièrement concernée avec un indice de fécondité de 0,8 enfant par femme en 2021. Ce chiffre est très largement en-dessous du seuil de remplacement des générations qui est de 2,1 enfants par femme.
Chaque année, les générations d’enfants qui naissent sont près de moitié inférieure à la génération de leurs parents avec un indice de fécondité de 0,8 enfant par femme. Cela implique à terme une population divisée par deux. Ces taux sont extrêmement bas et sont inédits en période de prospérité pour la Corée du Sud.
Pour Taïwan, le constat est le même. Pour 2021, l’indice de fécondité est estimé à 0,9 enfant par femme.
Au Japon, la fécondité s’établit à 1,3 enfant par femme. Ce chiffre est un peu plus important mais cela reste tout de même très bas.
Si l’on étudie le cas de la Chine, le « monstre » démographique de la région, des incertitudes demeurent sur les chiffres. Les données chinoises sont réputées moins fiables que celles des précédents pays cités comme la Corée du Sud ou le Japon. Pour 2021, l’indice de fécondité serait autour de 1,15 enfant par femme. Ce taux est là encore extrêmement faible, parmi les plus bas au monde. Ces données sont même inférieures aux chiffres d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Italie qui pendant longtemps étaient des nations réputées pour leur très basse fécondité.
Cette fécondité assez faible a un impact sur l’évolution démographique des pays en question. La majorité d’entre eux connaissent un déficit naturel, il y a plus de décès que de naissances.
