Le littoral est-il vraiment de plus en plus menacé par la montée du niveau de la mer ? - Par Thierry Piou
Le journal Ouest France a publié le 21 mai 2022 une interview de Stéphane Costa, professeur de géographie à l’université de Caen intitulé « Le littoral de plus en plus menacé : on ne pourra plus vivre comme avant en bord de mer ». Thierry Piou, sociétaire du Club d’astronomie « Pêcheurs d’étoiles » et membre de l'association des Climato-réalistes lui répond.
"Cher Monsieur,
J’ai lu avec intérêt votre entretien paru dans le journal Ouest-France du 21 mai 2022.
Je dois admettre que je suis surpris par la tenue de vos propos.
De la mer Baltique à la Méditerranée en passant par la mer du Nord et l’Atlantique, on constate que l’élévation du niveau marin est comprise entre 1 et 3 mm/an selon les différents observatoires comme vous pourrez le constater à la page 26 de ce document.
Mieux, en considérant le marégraphe de Brest, l’un des plus stable au monde, on remarque que l’accélération de l’élévation du niveau de la mer est plutôt décroissante, comme il est montré à l’annexe 2 page 30 du même document. L’annexe 3, page 35 indique que nous ne sommes en aucun cas sur la trajectoire projetée par le GIEC.
A ce stade de mon exposé, je me permets d’anticiper ; bien souvent pour illustrer l’élévation du niveau des mers, on publie des courbes telles que celle indiquée en annexe (1ère pièce jointe). Il est facile de les démonter. Les graphes de la 2ème pièce jointe proviennent de la série marégraphique de Brest et, pour chacun d’eux, sur une durée de 25 ans seulement. On constate que selon la période choisie, la vitesse d’élévation est positive ou négative : le signal marégraphique est noyé dans le bruit. Il est donc d’usage d’admettre que 100 ans d’enregistrements sont nécessaires pour filtrer les contributions cycliques (je pense ici au mouvement de précession de la ligne des nœuds lunaire dont la période est de 18,6 ans) et irrégulières (houle, variation de la pression atmosphérique).
Les durées d’enregistrements inférieures à 100 ans sont fallacieuses.
Je me permets de vous renvoyer vers un document relatif aux mesures satellitaires du niveau des mers qui mentionne les précautions qu’il convient de prendre lorsque l’on évoque ce sujet. Je reviens d’ailleurs longuement sur les mouvements du plan de l’orbite lunaire qui jouent un rôle essentiel dans les variations de l’élévation du niveau marin. Vous pouvez vous rendre directement à la page 6 paragraphe 3.1.
Tous les scientifiques sérieux qui étudient les séries marégraphiques aboutissent aux mêmes conclusions à savoir une élévation modérée du niveau des mers sans accélération notable depuis la fin du XIXème siècle ainsi que le montrent par exemple Ole Humlum professeur émérite de géographie physique de l’Université d’Oslo, et les données fournies par le site Climate4you.
Thierry Piou. Sociétaire du Club d’astronomie « Pêcheurs d’étoiles » La Baule
PS : Une archive INA de 1989 qui montre la « solidité » des projections du GIEC.
REFLEXION ADDITIONNELLE
Actuellement les meilleurs prévisionnistes en matière de risque lié à des catastrophes naturelles, dont la montée des eaux fait partie, se trouvent chez les grands cabinets d’assurance et de re-assurance.
Or, les primes couvrant ce type de risque n’ont pas augmenté (mis à part l’inflation) depuis plus de 20 ans. Les assureurs disposent de systèmes de projections très pointus leur permettant d’anticiper d’éventuelle hausse de sinistre. Hausse qu’ils répercutent de deux façons : comptablement en provisionnant (les provisions pour risques venant se déduire du résultat, et donc de l’impôt qui en découle…), et financièrement en révisant à la hausse les primes d’assurances des particuliers et des professionnels.
Et je puis vous dire qu’il n’y a rien de tel. Aucune provision comptable pour risque, ni d’augmentation sensible des primes.
Bref, pour les assureurs qui seront, financièrement parlant, les plus impactés par un éventuel scénario catastrophe, la mer ne va pas englober nos côtes. Du moins pas avant quelques milliers d’années !
