Prestations sociales : un système qui appelle la fraude - Par Adélaïde Motte
Trois millions de centenaires présumés vivants, deux millions de cartes vitales fantômes… La fraude aux aides sociales est un vieux serpent de mer : sous-estimée, insuffisamment traitée, tout le monde, y compris le gouvernement et les médias, connaît le problème qu’elle représente et refuse de s’y atteler. Il faut dire que la tâche, quoique nécessaire, est rude et ingrate.
En septembre 2020, la Cour des comptes demandait à l’Etat de prévenir le détournement des aides sociales. Un an et demi plus tard, elle constate dans son dernier rapport concernant la fraude à l’identité bancaire que rien n’a été fait et renouvelle son injonction. Les détournements détectés ont été multipliés par dix en quatre ans pour atteindre 157 millions d’euros en 2020, et il ne s’agit là que d’une estimation. Reconnaissons cependant que le maquis bureaucratique enrobant ces prestations est peu propice à la rigueur et à la vérification.
