Histoire, géopolitique et perspectives de la mer Baltique - Par Jean-Sylvestre Mongrenier

Le 17 mai 2022, la Finlande a donc officiellement annoncé sa candidature à l’OTAN. Et ce, en dépit des menaces de Moscou qui évoque de futures « mesures militaro-techniques ». Il en va de même pour la Suède, rompant avec une neutralité historique (1814), bien plus ancienne que celle de la Finlande. L’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN modifiera en profondeur les équilibres en mer Baltique.


Située entre la péninsule Scandinave, la Fenno-Scandie et la plaine germano-polonaise, la Baltique est une mer quasi fermée, d’une superficie de 450 000 km2. Les détroits danois (un détroit dano-suédois, l’Øresund, et deux détroits danois, le petit et le grand Belt) commandent le passage avec la mer du Nord et ils ouvrent la Baltique sur l’Atlantique Nord. Espace de confrontation entre l’Occident et la Russie, c’est à tort que la mer Baltique est parfois qualifiée de « Méditerranée du Nord ». Le géographe Yves Lacoste désigne comme « méditerranées » des étendues maritimes d’environ 4 000 km de longueur (deuxième ordre de grandeur), à l’instar de la mer Méditerranée, de l’ensemble « golfe du Mexique — mer des Caraïbes » (la « Méditerranée américaine ») ou encore de la mer de Chine méridionale (la « Méditerranée asiatique »). La mer Baltique est de taille plus réduite. Elle s’étend sur 1 500 km, du sud-ouest au nord-est, et sa surface est près de six fois inférieure à celle de la Méditerranée proprement dite (2,5 millions de km2). Au vrai, l’expression de « Méditerranée du Nord » fonctionne après la guerre froide comme métaphore de paix et de prospérité, ce qui n’a guère à voir avec l’histoire, la situation et les perspectives de la Baltique1..
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