Liberté d’expression : 10 mauvais arguments en faveur de sa limitation - Par Greg Lukianoff

On dit d’elle qu’elle est l’arme des puissants, une idée de droite, périmée, dangereuse… Autant de mauvais arguments pour restreindre la liberté d’expression et justifier la censure.

Ceux qui, comme moi, défendent la liberté d'expression se retrouvent souvent à combattre les mêmes mauvais arguments en faveur de la censure. Cet article vous permettra d'y répondre, avec, dans la mesure du possible, la mention de ressources offrant de quoi développer la réflexion.

Mauvais argument n° 1 : Si la liberté d'expression existe, c'est parce qu'on pense que les mots et la violence seraient deux réalités distinctes, mais nous savons que certains propos peuvent être, effectivement, violents.

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Mauvais argument n° 2 : La liberté d'expression part du faux principe que les mots sont inoffensifs.

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Mauvais argument n° 3 : La liberté d'expression est l'outil des puissants, pas des faibles.

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Mauvais argument n° 4 : La défense de la liberté d'expression repose sur des arguments caducs.

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Mauvais argument n° 5 : Il faut des lois pour contrer les discours de haine afin de diminuer l'intolérance, même s'il y a des excès.

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Mauvais argument n° 6 : La liberté d'expression n'est rien d'autre qu'un élément de langage conservateur.

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Mauvais argument n° 7 : On peut justifier des restrictions de la liberté d'expression au nom de la civilité.

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Mauvais argument n° 8 : Il est nécessaire de restreindre la liberté d'expression pour préserver la diversité culturelle.

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Mauvais argument n° 9 : La liberté d'expression est une idée périmée. Il est temps de changer de disque !

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Mauvais argument n° 10 : Oui à la liberté d'expression, mais pas pour le blasphème.

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Pour conclure, si la liberté d'expression est précieuse, c'est avant tout parce que, sans elle, il n'y a aucun moyen de connaître le monde tel qu'il est. Comprendre les perceptions humaines, même erronées, a toujours une valeur scientifique ou académique, et il est essentiel dans une démocratie de savoir ce que les gens croient vraiment. Telle est ma « théorie purement informationnelle de la liberté d'expression ». Penser que, sans ouverture, nous pouvons savoir ce que les gens croient vraiment n'est pas seulement de l'orgueil, c'est de la pensée magique. Le processus de connaissance du monde tel qu'il est est beaucoup plus ardu que nous avons tendance à le croire. Et il commence par là : admettre qu'on a probablement tort sur pas mal de choses, faire preuve d'une véritable curiosité à l'égard de tout (y compris des autres) et, toujours, se rappeler qu'il est préférable de connaître le monde tel qu'il est réellement – et que cette aventure de la connaissance ne se termine jamais.