Sitôt réélue à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen piétine la souveraineté des États - Par Bruno Alomar
Depuis sa réélection à la présidence de la Commission européenne en juillet dernier, Ursula von der Leyen multiplie les incursions dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence, déplore l’ancien haut fonctionnaire européen Bruno Alomar.
Bruno Alomar, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, a travaillé au cabinet de la Commissaire à l'énergie, aux transports et aux relations avec le Parlement, Mme Loyola de Palacio.
Alors que la France est empêtrée dans ses difficultés politiques, certains placent leurs espoirs dans l'Union européenne (UE). L'UE vient en effet de se doter d'un nouveau Parlement. Plus important encore, la Commission, cœur du réacteur européen, dotée seule de pouvoirs fédéraux dans le domaine du commerce, de la concurrence et du marché intérieur, bénéficiant du monopole de l'initiative législative, est en voie de constitution.
Certains signaux alimentent cet espoir. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, après avoir été un choix par défaut des États membres en 2019, confirmé par seulement neuf voix de majorité au Parlement, a été reconduite par les mêmes États membres il y a quelques semaines sans véritable débat. Le Parlement a confirmé sa nomination par 41 voix de majorité.
Bien sûr, Ursula von der Leyen, même si elle l'a oublié en instaurant une gouvernance verticale à nulle autre pareille dans l'histoire de la Commission, n'est pas la Commission à elle toute seule. La Commission est, notion difficile à comprendre dans la France de la Ve République, un collège. Les commissaires doivent avoir leur mot à dire. Il reste qu'en tant que présidente, Ursula von der Leyen a évidemment un rôle central. Dans ce cadre, plusieurs sujets doivent inquiéter.
D'abord, la question de la parité à la Commission. Elle taraude Ursula von der Leyen. Elle pourrait être rassurée si elle se souvenait que la Commission n'est pas l'UE à elle seule et que sur les quatre principales institutions européennes, trois sont dirigées par des femmes (outre elle-même, Roberta Metsaola est présidente du Parlement, Christine Lagarde est présidente de la BCE et le Conseil sera présidé par Antonio Costa). Qu'importe : elle ne déguise pas ses critiques à l'égard des États membres qui l'ont faite reine par deux fois.
