Venezuela : quand le pétrole nourrit la dictature et l’antisionisme - Par Samuele Furfari


Après les élections du 28 juillet 2024, Nicolas Maduro pense pouvoir rester au pouvoir malgré l’exil forcé de son opposant en Espagne. En dépit des critiques, rien de concret n’a été fait pour assurer la transparence des élections.


Même les États-Unis envoient des signaux contradictoires. La saisie, le 2 septembre, de l’avion du dictateur en République dominicaine par les États-Unis a semblé être une mesure concrète, bien que largement symbolique. Dans le même temps, le Trésor américain a délivré des licences à plus de dix entreprises pour opérer dans le pays. La plus importante est Chevron — la deuxième après ExxonMobil — qui devrait pomper quelque 0,2 million de barils de pétrole par jour d’ici la fin de l’année, soit 25 % de la production du pays. Maduro doit se dire qu’après tout, les États-Unis finiront par le considérer comme légitime.

La Dérive autoritaire du Venezuela

Nicolas Maduro vient d’être réélu pour un troisième mandat de six ans à la tête du Venezuela dans un scrutin largement contesté, rappelant une fois de plus la dérive autoritaire d’un pays assis sur les plus grandes réserves pétrolières du monde. Le 28 juillet dernier, Maduro prétend avoir obtenu 51,2 % des voix, un score en baisse par rapport à 2018 (67,8 %), la victoire ayant été validée par la Cour suprême le 22 août. Mais elle est largement contesté par l’opposition et une partie de la communauté internationale. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a exprimé de « sérieux doutes » sur ces résultats, tandis que l’Union européenne s’est contentée d’appeler à la transparence.

Ces résultats ont même été contestés par des leaders de la gauche latino-américaine, tels que Luiz Ignacio Lula (Brésil) et Gustavo Petro (Colombie). Le président chilien Gabriel Boric a qualifié cette réélection de « difficile à croire […] depuis le Chili, nous ne reconnaîtrons aucun résultat qui ne puisse être vérifié ». Il convient de noter que Jean-Luc Mélenchon, le leader de LFI, n’a exprimé aucun soutien public à Maduro, ce qui contraste avec ses positions précédentes dans lesquelles il défendait ouvertement le chavisme.

En réponse à la contestation de ces élections présidentielles par des pays latino-américains, Caracas a rompu ses relations diplomatiques avec l’Argentine, le Chili, le Costa Rica, le Panama, le Pérou, la République dominicaine et l’Uruguay. Des manifestations spontanées ont entraîné la mort de 27 personnes, fait 192 blessés et conduit à 2 400 arrestations. Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l’opposition à la dernière élection présidentielle au Venezuela, est poursuivi par le régime madurien pour avoir contesté la réélection du dictateur. Le gouvernement espagnol lui a accordé le 8 septembre l’asile politique afin de « respecter les droits politiques et l’intégrité physique de tous les Vénézuéliens ».