De l’âge de pierre au capitalisme, une histoire de problèmes écologiques

En 1972 paraît l’ouvrage Stone Age Economics de l’anthropologue Marshall Sahlins. Il sort en France en 1976 sous le titre Âge de pierre, âge d’abondance. L’auteur a pour objectif de déconstruire ce qu’il considère comme des idées reçues sur les inconvénients des sociétés primitives et les avantages de la civilisation industrielle. Il jette un pavé dans la mare et démontre que les chasseurs-cueilleurs avaient une vie pleine d’abondance et moins pénible que les peuples sédentarisés.
On apprend en effet qu’ils ne travaillaient que quelques heures par jour et étaient mieux nourris que les êtres humains qui succédèrent à la révolution néolithique, l’agriculture et la sédentarisation. L’ouvrage eut un effet retentissant. De l’aveu de l’anthropologue libertaire David Graeber, il eut une influence décisive sur l’émergence des mouvements écologistes, décroissants et primitivistes dans les années 70. La conclusion de ce récit est a priori déroutante et pose une véritable question : pourquoi diable les êtres humains se sont-ils sédentarisés, puisque cela les a conduits à travailler plus pour gagner moins ? Les humains sont-ils aussi rationnels qu’ils le prétendent ?