Crise migratoire: : l’histoire de l’Europe au XXIe siècle se joue maintenant. Mais allons-nous l’écrire ou la subir ?

3 ans après l’Aquarius, la tempête politique européenne déclenchée par le navire de l’ONG SOS Méditerranée révèle qu’en matière migratoire, rien n’a changé malgré l’urgence ou les promesses électorales.


Atlantico : Pour vous, l’affaire de l’Ocean Viking est un concentré de tous les fondamentaux, géopolitiques, économiques, sécuritaires voire civilisationnels qui déterminent notre avenir au long cours. Pourquoi ?

Général Bertrand Cavallier :
Le gouvernement français a décidé de prendre des mesures immédiates pour porter assistance à des dits réfugiés, dont des enfants, qui avaient été recueillis par le navire Ocean Viking, armé par l’association SOS Méditerranée. Nul ne peut contester l’urgence qu’il y avait à secourir ces personnes dont certaines ont dû être hospitalisées.

Cependant, cet énième débarquement, par sa puissance d’image, amplifiée par l’émotion, feinte ou sincère, des classes dirigeantes et bien pensantes, aurait pu continuer de plonger les opinons dans une béate acceptation, ou une résignation conditionnée par une culpabilisation collective. Mais les temps changent. Nous sommes à la croisée des temps, à la croisée de ce que sera l’histoire, du moins notre histoire. Les peuples ressentent profondément les choses, la portée lourde des évènements. Les dissensions diplomatiques générées au sein de l’Union européenne, mais encore l’affirmation du caractère « exceptionnel » de cet accueil par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, sont révélatrices de ce ressenti profond, qui va obliger les politiques à décider et à agir. La sauvegarde de notre civilisation occidentale d’un engloutissement dans un immense maelström migratoire exclut en effet toute alternative.