L’humiliation française au Sahel - Par Frédéric Pons
Peut-on parler d’une défaite de la France en Afrique, au risque d’indigner ceux – dont je suis – qui aiment l’armée française, de peiner davantage les proches des 59 soldats français morts sur ce théâtre d’opérations ? Non, ce n’est pas une défaite. La France reste bien présente au Niger, au Tchad, au Burkina Faso. Même avec des effectifs réduits (environ 2 500 soldats à la fin de l’année), elle garde une réelle capacité de combat contre les groupes djihadistes.
C’est cependant une vraie humiliation, sans doute estompée par l’actualité de la guerre en Ukraine. En août, la France a dû se retirer du Mali, épicentre de sa zone d’engagement depuis 2013. En clair, les Français ont été chassés du pays, accusés de « trahison » par les autorités maliennes, jusqu’à la tribune des Nations unies. En dépit des efforts de la France (8 milliards d’euros dépensés en presque dix ans), comme des sacrifices consentis, le Mali est encore très loin de l’état final recherché qui prévoyait la reprise du contrôle du territoire, dans le cadre d’une politique de coopération régionale, sous la protection militaire française.
