«L'écologisme radical prospère sur l'indulgence des pouvoirs publics» - Par Olivier Vial et Frédéric Lefret

Une manifestation contre une réserve d'eau a opposé des militants et les forces de l'ordre ce 29 octobre 2022. Pour l'Institut du Dialogue civil, l'État est en partie responsable du développement de cette nouvelle forme d'activisme.


Président de l'UNI et directeur du CERU, le laboratoire d'idées universitaires, Olivier Vial a cofondé l'Institut du Dialogue civil avec Frédéric Lefret, directeur général d'Immersive Talents Agency, enseignant et consultant en marketing.

«Ce week-end, nous avons complètement débordé le dispositif de maintien de l'ordre à Sainte-Soline. […] Nous avons arraché les grilles et accédé à cet endroit tant protégé. Nous n'y avons pas trouvé grand-chose, mais ce que nous avons vécu pour l'atteindre marquera nos combats à venir» s'enthousiasme un militant ayant participé à cette «guerre de l'eau» qui, selon lui et ses camarades, vient de commencer. Quand 4.000 personnes bravent un interdit préfectoral, affrontent 1.700 gendarmes et participent à des attaques à la façon des black blocs, permettant aux plus radicaux de se dissimuler au milieu des familles pour ensuite tirer au mortier et jeter des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, cela n'a rien d'innocent. Un tel baptême du feu, qui apparaît en plus victorieux (les travaux sur les bassines ont été interrompus) et sans grandes conséquences (seuls quatre manifestants ont été interpellés et renvoyés en comparution immédiate devant le tribunal), ne peut qu'affermir l'envie d'en découdre des nouveaux venus dans la cause. Depuis plusieurs mois, une dynamique radicale traverse la plupart des mouvements militants écologiques. Les marches pour le climat ne font plus recette. Les rebelles d'Extinction Rebellion délaissent leurs chorales, leurs danses et leurs déguisements bigarrés. Le temps est désormais à la désobéissance civile, voire à l'action directe.


Le blocage peut être l'étape suivante. Interrompre la circulation sur l'autoroute ou le périphérique, comme le font, depuis des mois, les membres du collectif « Dernières rénovations ».

Quand le ministre de l'Intérieur parle d'écoterrorisme, son inquiétude est légitime. Malheureusement, l'étape d'après, c'est bien celle-là! La question n'est plus de savoir si cela va arriver, mais seulement quand cela va se produire!