Mathieu Bock-Côté: «Immigration, histoire d’un déni»

Publiquement, il faut répéter les slogans diversitaires. En privé, on dit le contraire. Cela n’est pas sans déréaliser la vie publique.

Emmanuel Macron a reconnu, parce qu’il n’était plus possible de ne pas le faire, le lien qui saute aux yeux entre la délinquance, l’insécurité et l’immigration. Certaines réalités deviennent tellement évidentes au commun des mortels qu’il ne devient plus possible de les nier sans se discréditer soi-même, sans abîmer sa parole.

Cette reconnaissance tardive, Emmanuel Macron a voulu la nuancer, en précisant que ce lien n’était pas existentiel. On peut difficilement lui donner tort. Mais qui a déjà soutenu une telle chose? Qui a soutenu que l’immigration, en soi, était portée sur la délinquance? Qui a soutenu cette thèse que l’on pourrait qualifier d’essentialiste? Si elle est défendue, c’est bien à notre insu, et si elle était promue, elle devrait être combattue.