Reconduite à la frontière : pourquoi l’État est-il si gravement impotent ? - Par Romain Delisle

Le 14 octobre dernier, l’affaire Lola Daviet, dont personne n’a oublié les circonstances, mettait en lumière l’inaction des pouvoirs publics en termes de lutte contre l’insécurité, tant celle du quotidien que celle qui concerne les crimes les plus crapuleux. En l’espèce, un chiffre, particulièrement, demeure des plus choquants : seules 5,7 % des obligations de quitter le territoire français (OQTF) avaient été suivies d’effet au premier semestre de l’année dernière. Malheureusement cela n’a pas été le cas pour l’OQTF qui frappait la meurtrière de Lola Daviet.


Empilant les différentes normes et voies de recours judiciaires, le système français de reconduite à la frontière des étrangers illégaux semble avoir été construit expressément pour ne pas fonctionner, tant et si bien qu’une aide publique, l’aide médicale d’État (AME), a été instaurée pour ceux qui ne disposent d’aucun titre de séjour. Les titulaires, bien que connus et enregistrés, ne sont pas expulsés.