Libérer économiquement la France - Par Stéphane Geyres (Institut Mises France)


Stéphane Geyres est président de l’Institut Mises France, un think tank ayant pour mission de mieux faire connaître les idées libérales et libertariennes dans les pays francophones, notamment les idées de l’école autrichienne en économie. Il a accepté de répondre aux questions de Matthieu Creson, conférencier, enseignant et auteur sur l’actualité économique.


Matthieu Creson (MC) : Emmanuel Macron a été réélu président en avril de cette année. Comment jugez-vous son premier mandat ainsi que les premiers mois du deuxième sur le plan économique et social ?

Institut Mises France (IMFR) :
Il y aurait beaucoup de critiques à faire, tant ce premier mandat fut à l’inverse de toute logique économique, ou du moins de toute logique économique visant notre prospérité. Trois points méritent spécialement d’être soulignés. La longue période du Covid, avec ses confinements et multiples restrictions sur l’activité économique, a fort affecté le tissu des entreprises petites et moyennes, qui sont le poumon de la prospérité dans une économie qui se concentre et se rigidifie toujours plus. Par manque soudain de clients et de trésorerie, de nombreuses structures ont été reprises par des groupes plus gros, plus bureaucratiques. L’endettement colossal durant cette même période, sous prétexte d’aide à ces mêmes entreprises mises arbitrairement en difficulté, va altérer négativement les conditions économiques sociales et appauvrir le pays sur le long terme. Enfin, l’inflation qui s’accélère depuis quelques mois était tout à fait prévisible dès le mois de mars 2020 – voire avant – par quiconque se souvient que Ludwig von Mises avait établi son lien avec la masse monétaire.


Le libéralisme économique suppose la liberté d’entreprendre et donc l’absence d’intervention étatique dans les affaires économiques. Avec E. Macron, nous en sommes à mille lieues.

Tout cet édifice repose sur la croyance marxiste en une valeur économique du temps de travail en tant que tel.

En quelques mots, si travailler avait de la valeur, alors il suffirait de creuser des trous et les reboucher pour tous devenir riches et prospères.

Toutes les formes de subventions devraient être réduites de moitié, puis à zéro, afin que les activités saines auto-finançables soient débarrassées de la concurrence des inefficaces.